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La location à court terme : populaire… et souvent illégale

La location de condos à court terme de style Airbnb est de plus en plus populaire, mais elle crée aussi de la frustration chez les copropriétaires voisins qui doivent subir le va-et-vient des locataires temporaires. Une pratique que Québec entend pénaliser davantage en augmentant notamment le nombre d'inspecteurs.

Un texte d'Yvan Lamontagne

Diane Denis adore son condo et le quartier où elle vit, Griffintown. Un quartier situé entre le centre-ville et le Vieux-Montréal, où la location à court terme de style Airbnb est très populaire. Mme Denis ne veut rien entendre de ce type de location dans son complexe immobilier, qui ne devrait pas avoir lieu d’ailleurs, puisque la vocation de celui-ci est uniquement résidentielle.

Il existe au Québec la Loi sur les établissements d’hébergement touristique, qui rend illégale depuis l’an dernier toute location de 31 jours et moins, sauf si la personne qui offre l'hébergement possède une attestation de classification - un permis spécial délivré par la Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ). Un particulier qui loue sans permis est passible d’une amende de 2500 $ à 25 000 $. Dans le cas d’une compagnie, c’est le double.

Nous avons vérifié si nous pouvions louer un condo pour une journée dans l’immeuble de Mme Denis. Rien de plus facile.

Une simple demande sur le site Airbnb, où la réservation s’effectue par courriel, et on nous ouvre la porte à distance. Sans plus. Nous sommes entrés dans le condo sans voir personne, ni gardien ni voisin. Nous avons appris par la suite que le responsable du condo n'est titulaire d'aucun permis spécial.

Selon Hans Brouillette, directeur des affaires publiques de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), la loi québécoise manque de mordant et le ministère du Tourisme devrait agir.

Des améliorations à venir

Nous avons voulu en discuter avec la ministre du Tourisme, Julie Boulet, mais elle a refusé notre demande d’entrevue. Son bureau nous a toutefois fait savoir que des améliorations se pointent à l’horizon grâce au tout dernier budget. Le nombre d’inspecteurs sera augmenté et les pouvoirs d’inspection seront transférés à Revenu Québec, qui dispose de plus d’outils et de moyens pour dénicher les locateurs illégaux.

Airbnb, tout comme ses rivales, nous mentionne qu’elle se dégage de toute responsabilité, car il incombe au locateur de s’entendre avec ses voisins et de se conformer à la Loi québécoise sur les établissements d’hébergement touristique.

Les syndicats de copropriété doivent également donner un coup d’épaule pour contrer ce véritable fléau de la location à court terme. Diane Denis estime que le sien n’en fait pas assez. Dans son complexe immobilier, le conseil d’administration peut imposer des pénalités de 1000 $ par jour à tout copropriétaire qui loue son condo pour moins d’un mois.

La porte-parole du C. A., Dominique Authier, nous dit que des pénalités ont été imposées, mais elle refuse de nous en dévoiler le nombre.

Pour Diane Denis, il est grandement temps d’agir. « On aimerait ça être plus informé : voici à date, on a récolté tant de pénalités, on est passé à l'action. Mais il n'y a rien qui bouge selon moi. »

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