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La loi 101, fondement des batailles pour les francophones en milieu minoritaire

Un avocat-constitutionnaliste et défenseur des francophones en milieu minoritaire revient sur les apports de la Charte de la langue française, 40 ans après son adoption au Québec. Roger Lepage reconnaît que cette loi a été d'une grande influence dans les batailles linguistiques hors du Québec et qu'elle a mené à l'article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, adoptée en 1982.

D’après Roger Lepage, lorsque la Charte de la langue française a été adoptée au Québec, dans les communautés francophones hors Québec, certaines personnes l’ont regardée avec méfiance. Elles craignaient surtout une séparation du Québec du reste du Canada en raison du fait que le Parti québécois avait été élu. Pour elles, cette séparation signifiait la mort du français ailleurs au pays, d'après l'avocat.

Avec le recul, Roger Lepage voit dans la Charte de la langue française, communément appelée loi 101, un outil que les Québécois se sont donné pour survivre, s’affirmer, et montrer leur fierté d’être francophones en Amérique du Nord.

Un outil clé

Selon Roger Lepage, cette avancée des francophones du Québec a insufflé de l’audace aux autres francophones du pays pour exiger leur place au Canada.

L’avocat explique que, motivés par cette avancée québécoise, des francophones d’autres provinces ont commencé à exiger des outils qui leur permettraient de survivre, notamment le droit à des écoles financées adéquatement et à des divisions scolaires francophones.

La Charte de la langue française spécifie notamment que seuls les enfants d’anglophones peuvent fréquenter les écoles anglophones. Elle permet également que les anglophones aient leurs propres divisions scolaires alors qu’ils sont en minorité linguistique au Québec.

Roger Lepage dit qu’ailleurs au pays les francophones qui sont en milieu minoritaire ont voulu tout simplement revendiquer les mêmes droits.

Le défenseur des francophones en milieu minoritaire avoue qu’il n’aurait pas pu remporter les batailles qu’il a menées sans l’apport de la loi 101 et de l’article 23.

Roger Lepage admet que des gouvernements provinciaux ont interprété de façon très étroite l’article 23, et que cela a été à la source de nombreux procès. Il souligne que, même si la Charte de la langue française a été d’une grande influence, les francophones hors Québec ont eux-mêmes dû se battre pour leurs propres droits.

L’avocat dit également que la Charte ne se limite pas aux écoles. Selon lui, elle a constitué un réveil pour le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux qui ont, dès lors, commencé à financer des groupes politiques et culturels.

Roger Lepage associe aussi la création de Radio-Canada et de la télévision française dans l'Ouest aux avancées produites par la Charte de la langue française.

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