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« La loi spéciale est l'arme des faibles » - le président de la FAE

Mise au pied du mur par le Conseil du Trésor, la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) n'entend pas rentrer dans le rang pour autant. La FAE fait fi de l'ultimatum lancé par le gouvernement Couillard et rejette l'entente qu'elle qualifie de statu quo.

Le président de la FAE, Sylvain Malette, croit qu'il est encore possible de s'entendre et il ne craint pas que le gouvernement ait recours à une loi spéciale pour les forcer à accepter l'entente. L'ultimatum lancé par le cabinet du Conseil du Trésor venait à échéance à minuit la nuit dernière.

« Il faut que le gouvernement se rappelle que le droit à la négociation et à la libre négociation, c'est un droit protégé par les chartes, et la Cour suprême a rendu trois décisions dans lesquelles elle disait que l'État, comme employeur, doit protéger le droit à la négociation », fait-il valoir à Radio-Canada.

En cette journée internationale des femmes, le président du syndicat souligne que son organisation représente une majorité - plus de 70 % de ses membres - de femmes. « Il serait quand même particulier que le gouvernement dise aux femmes que nous représentons qu'elles n'ont pas droit à la négociation », plaide-t-il.

Sylvain Malette s'étonne de l'ultimatum lancé par le cabinet du Conseil du Trésor, vendredi dernier, puisque les deux partis avaient déjà convenu, plus tôt la semaine dernière, de se rencontrer aujourd'hui.

« On pense qu'il est encore possible d'en arriver à une entente satisfaisante, donc une entente qui va améliorer le quotidien des profs », a expliqué M. Malette en entrevue à ICI RDI. « C'est pourquoi on demande la mise sur pied d'un conseil de médiation. »

Le président du Conseil du Trésor, Sam Hamad, a déclaré que le communiqué émis par son cabinet vendredi dernier visait à « faire bouger les choses » dans les négociations. Une stratégie qui a porté ses fruits, selon lui, puisqu'il y a eu des discussions pendant tout le week-end.

« Les discussions ne sont pas terminées aujourd'hui », s'est-il contenté de déclaré en impromptue de presse à l'Assemblée nationale. Il a promis aux journalistes des les informer lorsque les discussions seraient terminées.

« Le gouvernement négocie dans un cadre très précis : équité [salariale] et la capacité du citoyen de payer, a précisé M. Hamad. On ne mettra pas plus d'argent sur les paramètres salariaux que l'on a négocié avec les autres partis. » M. Hamad souligne qu'il s'agit d'une question de respect à l'égard des 400 000 autres employés de l'État qui ont accepté l'offre du gouvernement au mois de décembre dernier.

La FAE refuse d'accepter les conditions de travail contenues dans l'entente qui a été acceptée par les autres syndicats de l'enseignement. Elle estime que ce serait accepter le statu quo.

« Vous savez, détériorer les conditions de travail des profs et détériorer les conditions d'apprentissage des enfants, les directions d'écoles et les gestionnaires des commissions scolaires le font déjà très très bien sans avoir besoin d'une organisation syndicale », a-t-il ironisé.

M. Malette précise que le gouvernement veut retirer une somme de 60 $ versée à tous les professeurs chaque année pour l'organisation d'activités parascolaires. Le gouvernement voudrait réinvestir cette somme, qui totalise 2 millions de dollars, dans les services aux élèves, déplore M. Malette.

« On nous dit, on va venir fouiller dans votre poche, on va prendre l'argent qui vous appartient pour financer des services que le gouvernement a décidé de réduire ou de ne plus financer », a-t-il déploré.

La rencontre de cet après-midi entre le gouvernement et les représentants de la FAE doit permettre d'aborder les questions des salaires, des retraites et des droits parentaux, notamment, révèle M. Mallette.

Il rappelle que la FAE, en rejetant l'offre salariale du gouvernement il y a cinq ans, avait permis de corriger une injustice faite envers les femmes enceintes.

La FAE a voté lundi soir afin de poursuivre les travaux de négociation avec le gouvernement, après que la proposition salariale de ce dernier ait été jugée « insuffisante et inéquitable » et rejetée par les membres de la FAE en janvier dernier. 

La FAE désire aussi rencontrer les chefs des partis d'opposition, Pierre Karl Péladeau, du Parti québécois, François Legault, de la Coalition avenir Québec, et Françoise David, de Québec solidaire, afin de les « informer les partis d'opposition de la situation et de leur rappeler leur rôle crucial dans la défense de l'école publique aux côtés des enseignantes et enseignants et des parents du Québec ».

En conférence de presse mardi, Pierre Karl Péladeau a plaidé pour que Québec en arrive à un règlement négocié avec la FAE, tout en déplorant que, depuis le début des négociations, « le premier ministre refuse systématiquement toutes les mains tendues qui lui sont proposées ». Il s'est dit sinon « disponibles et ouverts » a rencontrer la FAE.

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