Le gouvernement Trudeau a annoncé cet après-midi qu'il retirait l'appel entamé par le précédent gouvernement conservateur au sujet de la libération d'Omar Khadr. Dans une entrevue à 24/60, l'avocat Dennis Edney revient sur les raisons qui l'ont poussé à défendre Omar Khadr, emprisonné pendant 10 ans à Guantanamo.

Des liens au-delà de la prison

Sa rencontre avec le jeune Omar Khadr, alors âgé de 16 ans, dans le centre de détention américain l'a bouleversé.

Dennis Edney a lié son sort à celui de son protégé à un point tel que c'est chez l'avocat qu'Omar Khadr loge depuis sa sortie de prison, en mai 2015.

Il partage maintenant la vie de la famille Edney et poursuit ses études pour devenir ambulancier paramédical. « Il veut aider les gens », souligne son avocat. L'adaptation n'a pas été facile pour cet ancien enfant soldat, mais il garde malgré tout le sourire.

Charge contre Ottawa

Dennis Edney pourfend autant le gouvernement conservateur que le gouvernement libéral qui l'a précédé. Aucun des deux n'est jamais venu en aide au jeune Canadien, au contraire, soutient-il.

« Notre gouvernement savait qu'il n'était pas un terroriste », soutient M. Edney, mais il a cependant tout fait pour garder Omar Kadhr à Guantanamo. Selon l'avocat, Ottawa était au courant que l'adolescent subissait diverses tortures, dont la privation de sommeil. Les agressions sexuelles étaient aussi courantes à Guantanamo.

Mais pour le gouvernement Harper, Omar Khadr était un terroriste. « Selon son évaluation, il était une menace pour le Canada et pour d'autres prisonniers », affirme M. Edney. Par son désengagement, il envoyait le même message que Washington, à savoir que les détenus « étaient inhumains et qu'on pouvait leur faire tout ce qu'on voulait ».

L'histoire d'Omar Khadr pose bien des questions, croit M. Edney.

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