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La longue histoire de l'interventionnisme américain au Moyen-Orient

Les frappes américaines menées vendredi soir, conjointement avec la France et le Royaume-Uni contre la Syrie, interviennent pratiquement un an jour pour jour après les bombardements d'une base aérienne syrienne par les Américains. Ces opérations militaires figurent parmi une longue liste de scénarios interventionnistes américains au Moyen-Orient sur près de 30 ans.

Un texte de Claudia Ledezert

Dans la nuit du 6 au 7 avril 2017, le président américain Donald Trump avait décidé d'ordonner des frappes contre une base aérienne près de Homs, dans l’ouest du pays, à l’aide de 59 missiles.

Cette opération avait été menée quelques jours après une attaque chimique imputée au régime syrien perpétrée contre la localité de Khan Cheikhoun au nord de Homs, ayant tué plus de 80 personnes, dont une trentaine d’enfants.

Les missiles Tomahawk américains tirés depuis des navires de guerre en Méditerranée visaient la base aérienne de Shayrat, d’où avaient décollé les avions à l’origine des bombardements chimiques, selon la Maison-Blanche, afin de mettre fin au massacre des civils.

Cette intervention militaire décidée par Donald Trump avait tranché avec la politique de son prédécesseur Barack Obama.

En août 2013, la Ghouta orientale avait déjà été la cible d’une attaque chimique. Barack Obama avait alors opté pour un accord diplomatique avec la Russie, alliée de Damas, sur le démantèlement de l’arsenal chimique syrien.

Depuis 2014 : la lutte contre le groupe armé État islamique

Durant l’été 2014, l’armée américaine fait son retour en Irak cinq ans après avoir quitté le pays. À ce moment, le groupe armé État islamique étend son territoire en Irak et en Syrie.

Lors de cette intervention dénommée « Détermination absolue », plusieurs centaines de soldats américains sont envoyés sur place.

Mais le président Barack Obama s’était opposé à ce que les soldats soient déployés au sol, pour éviter tout risque d’enlisement. La guerre contre l'EI menée par la Maison-Blanche consistait principalement à des frappes aériennes menées par drones.

En 2015, Barack Obama avait autorisé l’envoi de soldats américains dans les zones kurdes au nord de la Syrie afin de les épauler dans la lutte contre l’EI.

En 2016, des milliers de soldats américains sont envoyés en Irak pour reprendre la ville de Mossoul aux mains des combattants de l’État islamique.

2011 : Intervention en Libye et chute de Mouammar Kadhafi

Dans le contexte du « printemps arabe », la guerre civile qui oppose les forces fidèles à Mouammar Kadhafi et la rébellion, pousse l’ONU à adopter une résolution qui instaure une zone d’exclusion aérienne et qui vise à protéger les populations civiles.

L’intervention des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni, conduite sous l'égide de l’OTAN, aboutit à la chute du régime de Kadhafi et à la mort de ce dernier.

Cette intervention a montré l’échec des puissances occidentales à maintenir la paix dans le pays.

La fin du pouvoir du dictateur a plongé la Libye dans le chaos, permettant ainsi aux combattants de l’État islamique de s’emparer de l’arsenal de l’ancien leader libyen et de s’installer dans le pays.

2003 : la guerre en Irak

Le 20 mars 2003, près de deux ans après les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis envahissent l’Irak sans l’aval de l’ONU.

Selon l’administration de George W. Bush, l’Irak fait partie de « l’axe du mal », un groupe d’États accusés de soutenir le terrorisme sur le plan international. Une accusation qui s’est par la suite révélée fausse. L’Irak de l’époque dirigée par Saddam Hussein n’avait pas de lien avec al-Qaida.

L’invasion de l’armée américaine aboutit à la défaite et à l’exécution de Saddam Hussein en 2006. Un gouvernement chiite est mis en place.

Dès lors, une guerre éclate entre les chiites, proches de l’Iran, et les sunnites chassés de Bagdad, la capitale.

Ce conflit favorise l’émergence de l’État islamique qui se renforcera après le départ des forces américaines en 2011 avant de plonger le pays dans le chaos.

Les États-Unis payent un lourd tribut : plus de 3000 Américains sont tués pendant la guerre en Irak, très impopulaire au pays de l’oncle Sam.

Années 1990 : la guerre du Golfe

En août 1990, l’Irak envahit le Koweït en raison de désaccords pétroliers.

Cette occupation est condamnée par la communauté internationale qui impose des sanctions économiques à l’Irak.

Les États-Unis prennent la tête d’une coalition composée de 35 États, la plus importante depuis la Seconde Guerre mondiale.

George Bush et ses alliés déploient leurs forces en Arabie saoudite lors des opérations « Bouclier du Désert » et « Tempête du Désert » qui se révèlent être un succès pour la coalition.

Saddam Hussein, qui dirige l’Irak à cette époque, accepte les conditions de paix de l’ONU, dont la destruction d’armes de destruction massive.

Toutefois, le bilan de la guerre du Golfe est lourd pour les Irakiens : le nombre de victimes pourrait dépasser 100 000 civils.

Avec ou sans l'aval de la communauté internationale, l'ingérence militaire des États-Unis au Moyen-Orient s'est rarement soldée par l’instauration de la paix, et les victimes collatérales se comptent par milliers.

De plus, les groupes djihadistes tels que l'État islamique et Al-Qaïda ont souvent profité du chaos laissé par le départ des troupes américaines.

Sources : Le Monde, Le Figaro, L'Obs, RFI

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