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La militante iranienne Roghayeh Azizi Mirmahaleh restera au Canada

Menacée d'expulsion, la militante iranienne Roghayeh Azizi Mirmahaleh a obtenu un permis de résidence temporaire qui lui permettra de demeurer au Canada pour une période de deux ans.

« Elle dit qu’elle très heureuse d’être avec moi », a dit la fille de Mme Azizi Mirmalaheh, Sahar Brahimi, à leur sortie des bureaux d'Immigration Canada de Montréal. « Elle pourra assister à notre mariage », a ajouté le fiancé de Mme Brahimi précisant que le mariage est prévu le mois prochain.

« Nous avons traversé des périodes difficiles, mais finalement… », a poursuivi Mme Brahimi. « C’était très douloureux, nous étions sous le choc, nous avons vraiment eu des moments difficiles, a-t-elle dit en évoquant la période d'incarcération de sa mère. « J’ai du mal à décrire à quel point ça a été dur, mais je suis contente que ma mère soit avec nous maintenant. Il est certain que le gouvernement iranien aurait harcelé et torturé ma mère. »

« Elle remercie tous ceux qui nous ont soutenus, qui nous ont aidés », poursuit Mme Brahimi en traduisant les propos de sa mère qui ne parle ni l'anglais ni le français. « Nous n’aurions rien pu faire sans votre aide. »

Je remercie le ministère d’avoir relâché ma mère. Je remercie le Canada.

Sahar Brahimi

Roghayeh Azizi Mirmahaleh s’était vue refuser le statut de réfugié en raison de ses liens avec l’Organisation des moudjahidin du peuple iranien (OMPI), qui lutte pour l’instauration d’une démocratie laïque en Iran.

L’OMPI a été sur la liste d’organisations considérées comme terroristes par de nombreux pays en Occident. Au Canada, l’organisation a été ajoutée à la liste noire des organisations terroristes en 2005 pour en être retirée en 2012.

L’avocate de Mme Azizi Mirmalaheh, Stéphanie Valois, a confirmé le dénouement heureux pour sa cliente, en entrevue sur ICI RDI.

« La date de son expulsion du 28 février approchait à grands pas et ça nous occasionnait un stress important », a confié Mme Valois. « Ça, c’est certainement terminé, Mme Azizi Mirmalaheh est libérée. »

À long terme, ça veut dire qu’elle pourra rester au Canada, en sécurité, et trouver le moyen d’y rester de façon permanente.

Stéphanie Valois

L’avocate a estimé que les pressions populaires, grâce à la médiatisation du cas de sa cliente, et les appuis politiques qu'elle a reçus, ont fait pencher la balance en faveur de sa cliente. Elle a notamment reçu l'appui des députés Amir Khadir, Hélène Laverdière et Kathleen Weil, de même que celui du maire de Montréal, Denis Coderre .

« Toutes ces personnes ont travaillé pour que Mme Azizi Mirmalaheh puisse rester au Canada », a conclu Mme Valois.

Mme Azizi aura ainsi deux ans pour présenter une nouvelle demande du statut de personne à protéger, poursuit son avocate. « C’est sûr qu'ellee veut rester au Canada, il n’est pas question pour elle de retourner en Iran », a confirmé son avocate.

Mme Valois a précisé que sa cliente contestait toujours devant les tribunaux l’évaluation des risques avant renvoi du ministère canadien de l’Immigration. Cette décision avait ouvert la voie à la procédure d’expulsion dont Mme Aziz Mirmalahehi faisait l’objet.

L’avocate croit qu’une décision favorable de la Cour dans ce dossier permettrait à sa cliente d’obtenir le statut de personne à protéger qu’elle convoite.

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