« Est-ce que j'aime le lock-out? La réponse, c'est non. » La ministre responsable de l'Enseignement supérieur, Hélène David, a vertement déploré la tournure des événements à l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), qui a mis ses professeurs en lock-out la nuit dernière, et a mis la pression pour que le conflit de travail soit rapidement résolu.

La ministre David rapporte avoir parlé mardi matin avec le recteur de l’UQTR, Daniel McMahon, et le président du conseil d’administration de l’établissement.

« Je leur ai dit de trouver des voies de passage », a dit la ministre, interrogée par les journalistes dans un corridor de l’Assemblée nationale. « Je ne peux pas croire qu’on ne peut pas trouver, entre gens intelligents et de bonne volonté, des voies de passage. »

Les négociations entre l’UQTR et le syndicat des professeurs se sont retrouvées dans l’impasse par rapport à la charge de travail, les augmentations de salaire et l’embauche de nouveaux professeurs.Hélène David a aussi insisté sur l’importance de protéger les quelque 14 500 étudiants de l’UQTR.

Les notes de la session d’hiver n’ont pas encore été données et ne le seront pas tant que durera le lock-out. Les cours de la session de printemps à l’université trifluvienne avaient commencé lundi.

Un médiateur nommé au dossier

La ministre responsable du Travail, Dominique Vien, a nommé mardi un médiateur appelé à intervenir dans la négociation en cours entre l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et ses professeurs.

Le médiateur Gilles Lachance aura aussi l’appui de François Corriveau, un conciliateur nommé au dossier en décembre 2017 à la demande de l’UQTR.

La ministre Vien a rappelé par voie de communiqué que le gouvernement du Québec soutient depuis plusieurs mois les deux parties dans le cadre de la négociation en cours à l’UQTR.

« Nous faisons aujourd'hui un pas de plus en nommant un médiateur dans ce dossier. J'invite maintenant les parties concernées à en venir à une entente négociée le plus rapidement possible. »

La ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, a pour sa part annoncé qu'elle allait suivre de près la rencontre de médiation qui doit avoir lieu jeudi.

« Je m'attends à ce que le travail se fasse très, très sérieusement », a déclaré la ministre.

Québec solidaire craint « un précédent dangereux »

Le député de Gouin et porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a lui aussi déploré la situation à l’UQTR. « C’est une nouvelle surprenante et inquiétante. »

« Je n’ai pas souvenir du dernier lock-out dans le secteur public québécois, a dit Nadeau-Dubois, mercredi matin. À Québec solidaire, on espère que ce n’est pas un projet-pilote à l’UQTR. »

Une convention échue depuis près d'un an

La convention collective des quelque 440 professeurs de l’UQTR est échue depuis le 31 mai 2017.

À ce jour, 13 rencontres de conciliation ont eu lieu.

L’UQTR a décrété le lock-out de ses professeurs mardi soir. Le lock-out est entré en vigueur à minuit, dans la nuit de mardi à mercredi.

Dans une assemblée générale prévue pour le 6 juin, les professeurs de l'UQTR devaient se prononcer sur la tenue d'une grève de 20 jours.

Il s'agissait d'une recommandation de l'exécutif syndical, qui jugeait que les négociations avec la partie patronale n'avaient pas donné le résultat escompté.

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