Retour

La mort du chef de l’EI semble de plus en plus probable

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) affirme à son tour détenir des informations émanant de hauts responsables du groupe armé État islamique (EI) confirmant la mort de leur chef, Abou Bakr Al-Baghdadi.

Selon cet organisme d'information sur le conflit en Syrie, basé à Londres, « de hauts responsables de l'EI présents dans la province de Deir Ezzor ont confirmé la mort d'Abou Bakr Al-Baghdadi, émir de l'État islamique », a déclaré à l'Agence France-Presse le directeur de l'organisme, Rami Abdel Rahmane.

« Nous l'avons appris aujourd'hui, mais nous ignorons quand ou comment il est mort », nuance cependant le grand parton de l’OSDH.

Les États-Unis sceptiques

À Washington, le Pentagone a réagi en affirmant n'avoir aucune information permettant de corroborer les allégations de l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Les autorités irakiennes et kurdes n'ont pas non plus confirmé l'information.

La mort du mystérieux chef de l’EI a été annoncée à plusieurs reprises depuis l’offensive internationale lancée contre le groupe armé en Syrie et en Irak, en 2014.

La dernière en date remonte au mois de juin, lorsque l’armée russe a affirmé avoir éliminé Abou Bakr Al-Baghdadi lors d’une frappe aérienne menée le 28 mai contre un centre de commandement de l’EI dans le secteur de Raqqa, en Syrie, où se tenait une réunion des hauts dirigeants de l’organisation djihadiste.

Le ministère russe de la Défense avait alors affirmé que, selon des informations en cours de vérification, le chef de l'EI avait été éliminé en même temps qu’une trentaine de dirigeants et des membres de leur garde rapprochée. Selon Moscou, pas moins de 300 combattants auraient perdu la vie dans cette opération.

Il serait bel et bien mort, selon Moscou

Le 22 juin dernier, le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré être en mesure d’affirmer avec « un haut degré de certitude » qu'Abou Bakr Al-Baghdadi est bel et bien mort.

Mais la Russie n’a jamais pu prouver hors de tout doute que le chef de l’EI se trouvait bien parmi les victimes de cette frappe aérienne. La coalition antidjihadiste dirigée par les États-Unis n’a pas été davantage en mesure de confirmer cette information.

Des rumeurs avaient aussi longtemps circulé en 2014 sur la mort du chef de l’EI lors de frappes de la coalition dirigée par les États-Unis, mais la publication d’une vidéo montrant Baghdadi évoquant des événements postérieurs à ces rumeurs avait mis fin au suspense.

La dernière apparition publique d'Abou Bakr Al-Baghdadi remonte à 2014, à Mossoul, en Irak. Apparaissant coiffé d’un turban et d’un habit noirs, la barbe grisonnante, il avait proclamé le « califat » sur les vastes territoires conquis par l'EI en Syrie et en Irak.

Né en 1971 dans une famille pauvre de la région de Bagdad, Abou Bakr Al-Baghdadi, né Ibrahim Awad Al-Badri, était passionné de football. Il a échoué dans sa tentative de devenir avocat et militaire avant de se tourner vers la théologie. Il a fondé un groupuscule de djihadistes dans la foulée de l’invasion américaine en Irak en 2003.

Plus d'articles

Commentaires