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La petite histoire des congés annuels au Québec

Les travailleurs québécois auront bientôt droit à une troisième semaine de vacances après trois années de service, a annoncé mardi la ministre du Travail, Dominique Vien. Depuis quand cette période de repos existe-t-elle? Et est-elle la plus généreuse au Canada? Retour sur l'histoire des congés annuels au Québec et comparaison avec ce qui se fait ailleurs.

Un texte de Hugo Lavallée, correspondant parlementaire à Québec

Depuis 1946, l'ensemble des travailleurs québécois ont droit à des congés annuels. C'est la Commission du salaire minimum qui, à l'époque, adopte une ordonnance générale.

Après un an de service continu, les travailleurs ont droit à une semaine de congés payés. Ceux qui ne prennent pas leur congé reçoivent une indemnité équivalente à 2 % de leur salaire. Auparavant, seuls les travailleurs actifs dans certains secteurs de l'économie bénéficiaient d'un tel congé.

Il faudra attendre jusqu'en 1968 pour que la durée minimale du congé annuel soit établie à deux semaines et que l'indemnité passe de 2 à 4 %.

En 1979, le gouvernement de René Lévesque adopte la Loi sur les normes du travail. Une troisième semaine de vacances est prévue pour les travailleurs après 10 ans de service auprès du même employeur.

Ce délai est ramené à cinq ans en 1990.

Ailleurs au Canada

À l'échelle canadienne, toutes les provinces accordent au moins deux semaines de congés annuels à leurs travailleurs. C'est pour la troisième semaine qu'on note des disparités.

En Ontario, la loi ne prévoit pas de troisième semaine de vacances. Au Manitoba, en Alberta et en Colombie-Britannique, les travailleurs y ont droit après 5 ans de services. Dans les Maritimes, c'est 8 ans; 15 ans à Terre-Neuve-et-Labrador.

La province la plus généreuse à l'égard de ses travailleurs est toutefois la Saskatchewan où les travailleurs ont droit à une troisième semaine de vacances dès la première année de service, et même, à une quatrième semaine de congé après 10 ans de service continu.

Et en Europe?

Le nombre de congés octroyés aux travailleurs dans les différentes provinces canadiennes demeure cependant inférieur à celui en vigueur dans plusieurs pays européens.

Les salariés ont droit à cinq semaines payées dans les pays scandinaves, à cinq semaines et demie au Royaume-Uni et jusqu'à six semaines en France.

Tout à l'opposé, aux États-Unis, le département fédéral du Travail ne prévoit aucun congé annuel minimal. « Ces bénéfices doivent faire l'objet d'une entente entre employeurs et employés », explique le département sur son site Internet.

Plusieurs des informations présentées dans cet article ont été tirées de l'ouvrage Histoire des normes du travail au Québec de 1885 à 2005 des auteurs Christian Desîlets et Denis Ledoux.

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