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« La peur devrait être remplacée par l'espoir » - Obama

L'ex-président américain a prononcé à Montréal un discours empreint d'espoir pour l'avenir, en dépit de l'insécurité ambiante et de la persistance des inégalités dans le monde. Même s'il s'est dit déçu de l'abandon de l'Accord de Paris par Trump, il s'est félicité que des entreprises et des États poursuivent la lutte contre les changements climatiques.

Chaleureusement accueilli en arrivant sur scène, Barack Obama a dit « merci beaucoup » et « bonsoir » à la foule en français. D'entrée de jeu, il a souligné l'amitié qui lie le Canada et les États-Unis et rappelé que c'était sa première visite officielle après sa première élection à la présidence des États-Unis en 2008.

Il a souhaité un joyeux anniversaire à Montréal pour ses 375 ans avant d’entamer un discours très attendu dans lequel il a appelé à la solidarité.

« Le monde est à un point de bascule, a lancé M. Obama. Le Canada, les États-Unis et d’autres alliés ont pu forger tant de choses après la Seconde Guerre mondiale, mais nous voyons aussi que ce même ordre est de plus en plus tendu, par des forces de changement qui s’accélèrent. La cadence de la mondialisation, la cadence des changements technologiques. Ces transitions ont ébranlé les fondements de la famille, de nos politiques collectives, et cela on y assiste dans le monde développé et dans le monde en développement. »

Il a évoqué les défis de notre époque : les inégalités économiques, le terrorisme, les migrations de masse, tout en soulignant que le monde est beaucoup plus prospère qu’auparavant. La montée des inégalités fait en sorte que beaucoup se sentent dans l’insécurité, selon lui.

Barack Obama a noté que le monde était beaucoup plus interconnecté qu’avant, mais qu’Internet donnait également plus de pouvoir aux terroristes.

Réécoutez le discours de Barack Obama à Montréal.

Daech sera vaincu

Il s’est dit affligé par l’attentat de Londres, mais a regretté que « face aux menaces mondiales, nous [soyons] tentés de nous replier sur nous-mêmes ».

Barack Obama s’est dit convaincu que Daech (groupe armé État islamique) serait battu un jour, tout en admettant que le terrorisme ne serait pas vaincu du jour au lendemain et que les perturbations mondiales auxquelles nous assistons ne changeront pas du jour au lendemain.

Les États-Unis et le Canada ont été des acteurs principaux dans la mise en place d’un nouvel ordre mondial. Tout au long de ces 70 ans, cet ordre international a fait plus qu’empêcher une troisième guerre mondiale, a-t-il affirmé. La pauvreté a diminué de moitié, la qualité de vie s’est améliorée, les droits de la personne ont progressé, avec le mariage entre personnes de même sexe, a-t-il énuméré.

« Dans la prochaine génération, nos enfants, vos enfants seront main dans la main dans la diversité ».

Constatant une tendance de certains pays à s’isoler en ces temps d’insécurité, de bouleversements économiques et de changements climatiques, il a affirmé que « la peur [devrait] être remplacée par l'espoir ».

Les inégalités sociales sont une menace à la paix et à la démocratie, a estimé M. Obama. Il est d'avis que les pays développés doivent soutenir les moins nantis. « Il faut combler l’écart entre les pays riches et les pays pauvres. Si les pays les plus riches ne viennent pas en aide aux pays les plus pauvres, la stabilité va s’effondrer dans le temps, et tout le monde sera touché par cet effondrement ».

Déçu par l'abandon de l'Accord de Paris

Barack Obama a abordé un thème qui lui est cher, celui de l’environnement, sans jamais prononcer le nom de son successeur à la Maison-Blanche. « Je suis déçu de la décision de l’administration actuelle de se retirer de l’Accord de Paris », a-t-il déclaré, soulignant par ailleurs que des actions avaient déjà été enclenchées et qu’on n’allait pas renverser la vapeur. Les investissements réalisés par les entreprises dans les énergies propres se poursuivront, a-t-il affirmé.

« Je m’intéresse vivement au réchauffement planétaire, car j’ai des filles et je serai grand-père, c’est un défi intergénérationnel et si nous n’agissons pas aujourd’hui, ce sera plus difficile pour les générations suivantes ».

« À Paris, nous nous sommes rassemblés autour de l'entente la plus ambitieuse de l'histoire pour combattre les changements climatiques. Une entente qui, même dans l'absence temporaire d'un leadership américain, va tout de même donner à nos enfants une chance de s'en sortir ».

L'ancien président américain note que des changements aux États-Unis et ailleurs ont déjà été constatés et que, au cours des huit années qu'il a passées à Washington, les énergies vertes ont pris de l'ampleur, l'éolien ayant triplé et l'énergie solaire ayant été multipliée par dix. Le coût de l’énergie propre est devenu comparable au coût de l’énergie fossile, se réjouit-il.

Une femme à la tête des États-Unis

Lors d'une séance de questions-réponses animée par Sophie Brochu, la PDG de Gaz Métropolitain a demandé au président Obama si la Chine prendrait la place des États-Unis comme leader de l'Accord de Paris.

Sur l'économie, M. Obama a reconnu qu'il y avait encore des inégalités dans la société, qui peuvent être éliminées, selon lui, si le système s'adapte à cette transition. Il a cité en exemple les professeurs qui devraient être mieux payés, selon lui.

« Je pense qu’il faut investir davantage dans le secteur des services, comme l’éducation, de telle sorte que chaque enfant ait l’habileté de naviguer dans une économie du savoir. »

Pendant cette portion de la soirée, Barack Obama s'est aussi fait demander si d'autres personnes de sa famille - en l'occurrence sa femme Michelle - avaient l'intention de se présenter à la présidence des États-Unis.

Michelle Obama et ses filles Malia et Sasha ne seront « probablement pas » de la course à l'avenir, a indiqué M. Obama.

Il a terminé en disant qu'il verrait une femme à la présidence des États-Unis, avant de mourir.

Un événement couru

Plusieurs dignitaires, des politiques et des hommes d'affaires, assistent à l'événement, tels que le premier ministre Philippe Couillard, son prédécesseur Jean Charest ainsi que des ministres fédéraux et provinciaux.

Un important dispositif de sécurité a été déployé à l'occasion autour du Palais des congrès. L'entrée à l'édifice est soumise à des fouilles minutieuses.

Montréal est la première ville canadienne à accueillir Barack Obama depuis qu'il a quitté la Maison-Blanche en janvier dernier.i

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