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La pire chute des marchés nord-américains en deux ans

Les marchés nord-américains ont terminé une semaine volatile en encaissant d'importantes pertes avec en tête le Dow Jones, qui a perdu 666 points, ou 2,5 % de sa valeur, soit sa pire chute en deux ans.

La Bourse de New York a chuté de plus de 2 % vendredi, sous le coup à la fois d'une envolée des rendements obligataires, déclenchée par l'annonce d'une croissance soutenue de l'emploi et surtout des salaires aux États-Unis, et par une série de résultats d'entreprises jugés décevants. L'indice Dow Jones a plongé de 665,75 points à 25 520,96, soit son repli le plus prononcé en une séance depuis le 24 juin 2016.

Le S&P-500, plus large, a perdu 59,85 points, soit 2,12 %, à 2762,13, recul le plus marqué en un jour de cet indice depuis le 9 septembre 2016, et le NASDAQ Composite a reculé de son côté de 144,92 points (-1,96 %) à 7240,95, du jamais-vu en une session depuis le 10 août.

Sur l'ensemble de la semaine, qui avait déjà été marquée par une vive baisse lors des séances de lundi et de mardi, le Dow Jones accuse un repli de 4,1 %, soit sa pire performance hebdomadaire depuis janvier 2016.

Même chose pour le S&P 500, qui a cédé 3,9 % sur la semaine. Le NASDAQ a subi une baisse hebdomadaire de 3,53 %, sa pire performance depuis février 2016.

La rechute de cette semaine met fin à une série de quatre progressions hebdomadaires de suite, qui avait vu Wall Street finir vendredi dernier sur de nouveaux records.

Au Canada

L'indice de référence de la Bourse de Toronto a plongé de plus de 200 points vendredi, ce qui lui fait terminer la semaine sur un recul hebdomadaire de 3,9 %.

L'indice composé S&P/TSX du parquet torontois a chuté vendredi de 254,89 points pour clôturer à 15 606,03 points.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s'est négocié au cours moyen de 80,78 cents US, en baisse de 0,60 cent US par rapport à son cours moyen de la veille.

Hausse des taux

Déjà sensible avant la publication vendredi matin du rapport mensuel du département du Travail américain, la hausse des rendements des emprunts d'État s'est amplifiée avec l'annonce de 200 000 créations d'emploi en janvier aux États-Unis (le marché en attendait 180 000) et d'une progression du salaire horaire moyen de 2,9 % en rythme annuel, la plus forte depuis juin 2009.

« Tout tourne autour du marché obligataire, ce dernier mène le rythme pour le marché des actions, comme il l'a fait toute la semaine. On a observé un vaste raffermissement des rendements [obligataires] et cela a incité les investisseurs à se délester des actions », a déclaré un gérant de portefeuille chez Amundi Pioneer Asset Management, Paul Nolte.

Économiste à la Banque Scotia, Derek Holt se montre prudent face à l’accélération de la croissance salariale pour plusieurs raisons. « Les salaires ont peut-être crû, mais les revenus ont baissé en raison de moins d’heures travaillées », a-t-il dit à CBC.

De son côté, Robert Kavcic, économiste chez BMO Marchés des capitaux, estime que la hausse incessante des rendements obligataires n’aide pas les marchés en ce moment.

« Les obligations du Trésor sur 10 ans montent à 2,8 % pour la première fois depuis le début de 2014 et le taux sur deux ans se chiffre à 2,2 % pour la première fois depuis que la Fed a assoupli les règles pendant la crise financière », indique-t-il.

À mesure que les taux d’intérêt grimpent, la valeur des bonds chute et emprunter pour investir devient plus onéreux.

Un ajustement

Le vice-président principal et économiste en chef chez IA Groupe financier, Clément Gignac, voit dans cette correction boursière une « pause saine ».

« On est sans doute dû, parce que ça fait 15 mois qu’on n’a pas eu de repli de 2 %. L’année passée, il n’y a pas une seule fois qu’on a eu un repli quotidien de l’ordre de 2 %. Il faut garder à l’esprit qu’en moyenne, on a toujours une dizaine par année de ce genre de replis. Et là, maintenant que l’économie mondiale s’accélère, que les banques centrales commencent à normaliser les taux, il faudra s’habituer à un peu plus de volatilité », analyse-t-il.

M. Gignac reconnaît qu’il y a un peu plus de nervosité chez les investisseurs, mais il ne croit pas que ce soit la fin du marché haussier. Il indique que les baisses d’impôt aux États-Unis vont stimuler l’économie et que cela prendra de nombreuses hausses de taux d’intérêt pour parvenir à ralentir l’économie.

Inflation

La statistique sur le marché de travail a alimenté la perspective d'une accélération de l'inflation dans un contexte de plein emploi. Elle fait ainsi écho aux propos tenus il y a deux jours par la Réserve fédérale, qui a dit anticiper une poussée des prix à la consommation cette année.

Tous ces éléments conduisent certains à spéculer sur une accélération de la remontée des taux d'intérêt, estimant que la Fed pourrait aller au-delà des trois tours de vis monétaires actuellement au programme. « On attend trois, peut-être quatre relèvements de taux au vu des chiffres de l'emploi », a affirmé Paul Nolte.

À cette situation se sont notamment rajoutés des résultats inférieurs aux attentes, publiés par Exxon Mobil et Chevron, les deux géants du pétrole aux États-Unis, dont les actions ont perdu respectivement 5,1 % et 5,6 %, accusant les deux plus fortes baisses du Dow Jones.

De faibles gains pour la maison-mère de Google, Alphabet, ont aussi touché l’index tout comme les résultats décevants d’Apple : son action a chuté de 4,3 % après avoir dévoilé jeudi la vente de 77,3 millions d'iPhone pendant le dernier trimestre, un peu moins que les 80 millions d’appareils que les analystes prévoyaient.

De ce fait, l'indice S&P regroupant les valeurs énergétiques a cédé 4,13 %, soit la plus forte baisse sectorielle du jour, à l'issue de laquelle tous les compartiments ont terminé dans le rouge.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a perdu 35 cents américains à 65,45 $ US le baril, tandis que celui du lingot d'or a perdu 10,60 $ US à 1337,30 $ US l'once. Le prix du cuivre a perdu environ 2,2 cents américains à 3,19 $ US la livre.

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