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La planète réunie à Montréal pour mettre en branle l'Accord de Paris sur le climat

Montréal accueille cette fin de semaine les représentants de 35 pays pour une rencontre ministérielle sur l'application de l'Accord de Paris sur le climat, signé en 2015.

Cette rencontre, la première depuis l'annonce du retrait des États-Unis par l'administration du président Donald Trump, est organisée conjointement par le Canada, la Chine et l'Union européenne.

Ensemble, ces délégués, qui sont majoritairement des ministres de l'Environnement, doivent détailler la feuille de route en vue de limiter le réchauffement climatique mondial à deux degrés Celsius d'ici la fin du siècle.

« C'est tellement important en ce moment où on voit des ouragans, des feux de forêts, des événements extrêmes avec la météo. On doit tous travailler ensemble », a déclaré la ministre canadienne de l'Environnement Catherine McKenna.

Le ministre français de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a également souligné l'importance pour tous les États de collaborer sur des enjeux qui touchent l'ensemble de la planète.

« Chacun doit comprendre qu'on sera tous gagnants ou tous perdants », a-t-il martelé.

Après le désistement du gouvernement américain, le Canada pourrait bien être tenté de s'arroger un titre de leader en matière de lutte contre les changements climatiques.

Cependant, tout porte à croire qu'Ottawa ratera ses propres objectifs de réduction d'émission de gaz à effet de serre (30 % en moins par rapport à 2005 d'ici 2030).

Le bilan carbone du pays pourrait même empirer comparativement à l'année de référence.

Trump se retire, à moins que...

Donald Trump entend toujours se retirer de l'accord, a indiqué samedi la Maison-Blanche, mais le président pourrait changer d'avis si un accord jugé plus favorable pour les États-Unis venait à être conclu.

« Les États-Unis vont se retirer [de l'Accord de Paris] à moins qu'on obtienne des termes pro-Américains », a écrit sur Twitter la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders.

Ce retrait annoncé ne signifie pas pour autant que les 50 États aient tous jeté l'éponge; des États pro-environnement comme la Californie ont ainsi fait savoir qu'ils maintenaient leurs politiques vertes et de plafonnement d'émissions polluantes.

Washington a tout de même dépêché un représentant à la conférence, la profonde intégration des économies américaine et canadienne faisant en sorte que des changements majeurs de ce côté-ci de la frontière pourraient avoir des impacts importants au pays de l'Oncle Sam.

« Il y a des États qui travaillent très fort », a soutenu la ministre McKenna. « La Californie est la sixième économie de la planète en importance [...] Ils travaillent très fort et nous travaillons avec eux. »

Pour le premier ministre québécois Philippe Couillard, « il est malheureux » que les États-Unis aient annoncé leur retrait de l'Accord de Paris. « Cependant, cela ne veut pas dire que la réalité des États-Unis s'est retirée. »

« La plupart des gouverneurs, la plupart des maires des grandes villes » ont ainsi fait savoir qu'ils respecteraient les objectifs de l'accord, a précisé M. Couillard.

On ignore encore si un consensus international se dégagera de la rencontre de Montréal.

Cette conférence survient pratiquement 30 ans jour pour jour après l'adoption du protocole de Montréal, un traité environnemental majeur destiné à protéger la couche d'ozone.

Avec les informations de Michel Marsolais

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