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La PM de l'Ontario aime son nouveau « partenaire » Justin Trudeau

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, et le maire de Toronto, John Tory, se réjouissent de l'élection de Justin Trudeau, s'attendant maintenant à des milliards de dollars en investissement dans les infrastructures.

Mme Wynne a affirmé, mardi matin, que la province faisait toujours face à une « incertitude » économique, d'où l'importance d'investir dans les infrastructures.

« Je suis déterminée à collaborer avec notre nouveau gouvernement fédéral », a ajouté Mme Wynne, qui a fait activement campagne pour Justin Trudeau au cours des derniers mois. Elle a, toutefois, précisé qu'elle s'attendait à avoir parfois des différends avec son homologue fédéral. 

Mme Wynne a cherché à tempérer les attentes, disant que l'important est d'avoir une « relation » avec Ottawa et non pas de présenter une liste de demandes au nouveau premier ministre.

8 choses à surveiller :

  • Les infrastructures : Les libéraux ont promis de quasiment doubler les investissements fédéraux dans les infrastructures au cours de la prochaine décennie, en injectant 60 milliards de dollars supplémentaires, quitte à accumuler un déficit de jusqu'à 10 milliards par année d'ici 2019. Justin Trudeau a promis notamment de financer le tiers du projet SmartTrack pour l'expansion du transport en commun à Toronto. « Il y a de l'espoir pour le transport en commun », a dit, mardi matin, le maire John Tory, qui espère aussi des investissements dans le logement social et la revitalisation du secteur riverain.
  • Les allocations familiales : Justin Trudeau a promis de bonifier la prestation pour enfants, particulièrement pour les familles moins nanties. Un foyer dont le revenu annuel est de 45 000 $ recevrait ainsi 9850 $ par année. 
  • L'impôt : Les libéraux doivent abolir le fractionnement du revenu pour les familles. En revanche, Justin Trudeau a promis de réduire de 22 % à 20,5 % le taux d'imposition de la classe moyenne (44 700 $ à 89 401 $). Les Canadiens gagnant plus de 200 000 $ par année, eux, devraient payer davantage.
  • L'aéroport des îles : Le député libéral du centre-ville de Toronto Adam Vaughan a répété à la suite de son élection, lundi soir, que les libéraux bloqueraient la tentative du transporteur Porter et de Ports Toronto de faire atterrir des jets à l'aéroport Billy Bishop.
  • Régime de retraite ontarien : La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, s'est dite prête à abandonner son projet de régime de retraite ontarien si Justin Trudeau, pour qui elle a fait campagne activement, bonifiait le Régime de pensions du Canada (RPC). Mme Wynne admet, toutefois, qu'elle devra aussi convaincre les autres provinces de lui accorder leur soutien. Le chef conservateur Stephen Harper a toujours refusé de bonifier le RPC et dénonçait le projet de régime de retraite ontarien comme une taxe, qui allait miner l'économie. Nombre de gens d'affaires ontariens affirment eux aussi qu'ils ne peuvent pas contribuer davantage pour la retraite de leurs employés.
  • Le Cercle de feu : Justin Trudeau a promis durant la campagne d'investir 200 millions de dollars supplémentaires par année au pays dans les ressources naturelles. Toutefois, il n'a pas pris d'engagement concret au sujet du développement des gisements miniers du Cercle de feu. La province demande à Ottawa d'égaler son investissement promis de 1 milliard.
  • Le Partenariat transpacifique (PTP) : Le chef libéral a affirmé durant la campagne qu'il voulait étudier les détails du nouvel accord de libre-échange transpacifique négocié par le gouvernement Harper avant de se prononcer. On ne sait pas pour l'instant si son gouvernement accordera plus à l'industrie de l'auto, qui ferait dorénavant face à la concurrence des fabricants de pièces asiatiques, que le financement additionnel d'un peu plus de 1 milliard de dollars sur dix ans promis par les conservateurs pour bonifier le Fonds d'innovation pour le secteur automobile.
  • Compressions sur le dos des provinces? Durant la campagne, Justin Trudeau n'a pas précisé exactement comment il s'y prendrait pour équilibrer le budget après 2019. Dans les années 1990, les libéraux sous Paul Martin avaient entre autres amputé les paiements aux provinces pour sortir du rouge.

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