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La présidente du Brésil appelle le Sénat à voter contre sa destitution

La présidente du Brésil, Dilma Rousseff, a clamé son innocence et dénoncé un coup d'État dans un plaidoyer de la dernière chance devant le Sénat lors de son procès en destitution.

Âgée de 68 ans, l'ex-guérillera emprisonnée et torturée sous la dictature militaire est accusée de maquillage des comptes publics et de la signature de décrets engageant des dépenses sans l'accord du Parlement.

Dans son plaidoyer, la présidente du Brésil a rappelé qu'elle avait été élue par 54 millions de Brésiliens et a comparé son sort à celui d'autres présidents au pays, évoquant le renversement du gouvernement de João Goulart dans un coup d'État militaire en 1964, qui a ouvert la voie à une dictature militaire de 21 ans.

Elle a soutenu que l'élite économique du pays et l'opposition cherchaient, depuis l'élection de 2014, à déstabiliser son gouvernement.

Selon elle, un gouvernement conservateur engendrerait une réduction des dépenses sociales, ce qui anéantirait les avancées des 10 dernières années dans la lutte contre la pauvreté.

La présidente suspendue depuis le 12 mai dernier a été accueillie au Sénat par plusieurs centaines de ses partisans munis de pancartes du Parti des travailleurs (PT) qui scandaient : « Dilma, guerrière de la patrie brésilienne! »

Si Mme Rousseff est écartée du pouvoir, elle ne pourra plus occuper de fonctions publiques pendant huit ans. Si elle est innocentée, elle retrouvera son mandat.

Sa destitution viendrait interrompre le règne de 13 années consécutives du Parti des travailleurs, fondé par Luiz Inacio da Silva et connu pour avoir sorti près de 40 millions d'habitants de la misère grâce à ses programmes sociaux.

Une destitution très probable

Ses adversaires soutiennent être assurés d'obtenir plus de suffrages que les 54 voix nécessaires pour la condamner.

Au moins la moitié des 81 sénateurs qui questionneront et jugeront Dilma Rousseff sont, par ailleurs, soupçonnés de corruption ou font l'objet d'une enquête.

Le résultat du vote sera connu mardi ou mercredi. Si la présidente est destituée, le vice-président, Michel Temer, sera confirmé à la présidence pour le reste du mandat de Mme Rousseff, jusqu'en 2018.

Âgé de 75 ans, il assure présentement l'intérim à la tête de l'État depuis la mi-mai en attendant le procès.

Malgré sa condamnation pour dons excessifs à des campagnes électorales, qui l'a rendu inéligible pour huit ans, il présiderait le pays jusqu'aux prochaines élections présidentielles et législatives fin 2018 si Mme Rousseff est destituée.

Issu du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), de centre droit, il promet de mettre en oeuvre des mesures d'austérité impopulaires afin de limiter le déficit brésilien.

Le pays en récession

Le pays a vécu quatre années de piètre croissance économique avant de s'enfoncer dans une récession en 2015, laquelle est toujours en cours.

Le déficit budgétaire de 45 milliards de dollars, mêlé à de graves scandales de corruption, a ébranlé la confiance du public.

Le scandale de corruption du géant pétrolier Petrobras, dans lequel ont été impliqués le Parti des travailleurs et l'ancien président de la République, a aggravé la crise politique déjà en cours. Luiz Inacio da Silva est soupçonné de tentative d'entrave à la justice.

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