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La protectrice du citoyen déplore le « nivellement par le bas » dans les soins à domicile

Dans son premier rapport depuis qu'elle est entrée en fonction en mars dernier, la protectrice du citoyen, Marie Rinfret, révèle que ce sont encore une fois les longs délais d'attente qui posent le plus de problèmes dans les prestations de services offerts par les ministères et les organismes du gouvernement du Québec, notamment le ministère de la Santé.

Des délais déraisonnables dans l’accès à des services de santé mentale ou à des examens diagnostiques ont notamment conduit la protectrice à faire des recommandations à certains établissements pour corriger la situation.

Soins à domicile : « le nivellement par le bas »

Par ailleurs, Mme Rinfret note que dans certaines situations, les ressources font tout simplement défaut pour répondre aux besoins des citoyens.

« C’est le cas, particulièrement, pour le soutien à domicile. En cette matière, je constate un nivellement par le bas. Des personnes ont vu des services coupés, alors que leurs besoins n’avaient pas diminués », indique Marie Rinfret.

La protectrice du citoyen affirme ainsi qu’en matière de soutien à domicile, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) devrait tenter d’atteindre la cible qu’il s’est lui-même fixée, soit une augmentation des services et non pas une diminution – comme ce qu’on a pu constater cette année alors que la durée moyenne des interventions a diminué.

Répondant au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui s’est défendu jeudi matin en Chambre en affirmant qu’il y avait effectivement une augmentation des services à domicile, Mme Rinfret soutient qu’il faut répondre correctement aux besoins des personnes nécessitant des services d’aide à domicile, et non pas seulement augmenter le nombre de celles qui en bénéficient.

La protectrice du citoyen déplore le fait que dans le cas du soutien à domicile, il n’y ait pas d’offre de service définie par le ministère.

« L’offre de service n’est pas uniforme au Québec. Chaque institution la définit selon son budget », fait-elle remarquer.

Par ailleurs, Mme Rinfret indique que le vieillissement de la population entraîne également « un manque criant de place en CHSLD ».

On peut lire dans le rapport qu’en ce qui a trait à l’obtention d’une place dans un CHSLD, « on a constaté cette année un resserrement des critères d’admissibilité, l’augmentation des délais d’attente et un recours de plus en plus fréquent à des résidences privées pour aînés non outillées pour prendre soin de personnes en lourde perte d’autonomie ».

Une réforme qui aurait pu être mieux planifiée

La protectrice du citoyen est cependant catégorique : la réforme de la santé et des services sociaux initiée par le ministre Barrette n’est pas un échec.

Marie Rinfret pense toutefois que la réforme aurait pu être mieux planifiée « à court, moyen et long terme ».

Les établissements de détention

Le rapport de la protectrice du citoyen fait également état de lacunes dans les établissements de détention : restriction des heures de visite, insuffisance du personnel médical, fermeture de certains services et annulation de programmes de réinsertion sont entre autres soulignées.

Critiques au Parlement

Le rapport de la protectrice du citoyen a eu un écho à l’Assemblée nationale jeudi matin. Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a dénoncé les surplus gouvernementaux amassés par le gouvernement libéral « sur le dos des plus démunis ».

« Ils ont augmenté la rémunération des médecins, ont plein de surplus, mais ont réduit les services aux aînés », s’est-il exclamé.

Le premier ministre, Philippe Couillard, lui a alors répondu qu’il était « naturel qu’un rapport semblable fasse état des progrès qui restent à faire » et a assuré que son gouvernement allait poursuivre ses investissements en santé et services sociaux, « notamment dans le soutien à domicile et en hébergement pour les aînés ».

Par ailleurs, questionné sur les longs délais que certains patients doivent subir avant de parvenir à avoir accès à un médecin de famille par le biais du Guichet d'accès à un médecin de famille, le ministre de la Santé a de son côté affirmé être fier des 800 000 personnes ayant trouvé un médecin grâce à ce moyen. Il a assuré que les patients « vont continuer avoir un accès à un médecin de famille dans les prochaines semaines et les prochains mois ».

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