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La recette finlandaise des soins à domicile

Le gouvernement finlandais mise depuis quelques années sur les soins à domicile pour réduire les coûts en santé et garder les aînés le plus longtemps possible à la maison. Nous sommes allés voir comment ça se passe dans les environs de Turku, une ville dans le sud-ouest du pays.

Un texte de Ginette Lamarche à Désautels le dimanche

La Finlande est la société la plus vieille au monde, après le Japon. La démographie du pays des mille lacs est la plus faible d'Europe, d'où la nécessité de soins à domicile offerts partout, y compris dans les régions les plus éloignées.

En 2013, le gouvernement central a voté une loi sur la santé pour prioriser les soins à domicile. Päivi Voutilainen, du ministère des Affaires sociales et de la Santé, explique que l'État voulait ainsi répondre aux demandes des Finlandais. « Ils veulent rester chez eux le plus longtemps possible. De plus, les soins à domicile sont beaucoup moins chers qu'en institution. En réduisant les coûts des soins de santé, nous voulions nous assurer de la pérennité du système. »

Les infirmières, piliers de ce système

Tous les jours, Sari Aaltonen prend la route pour se rendre chez trois ou quatre clients. Les patients à domicile, ce sont des clients en Finlande. Elle visite d'abord Leif Kauppilla, atteint de sclérose en plaques. Leif vit dans sa maison avec sa femme.

Sari change ses pansements, vérifie ses médicaments et prend sa pression. Leif reçoit deux visites par semaine. Il sait qu'il peut continuer à vivre chez lui grâce aux soins de ces infirmières.

Leif est aussi conscient que sans le soutien de sa femme, il ne pourrait sans doute pas rester chez lui.

Kaija-Riitta, la femme de Leif Kaupilla. Les appareils comme ce monte-escalier sont prêtés par la municipalité de Turku.Photo : Radio-Canada/Ginette Lamarche

La femme de Leif, Kaija-Riita (ci-dessus), a pris sa retraite l'année dernière pour pouvoir s'occuper de son mari. Elle reçoit de la Municipalité un salaire comme aidante naturelle.

Les soins à domicile sont gratuits pour Leif. En revanche, les clients plus aisés doivent payer des frais selon leur revenu, jusqu'à concurrence de 450 $ canadiens par mois. Les appareils comme le monte-escalier sur lequel est assise Kaija-Riita sont prêtés par la Municipalité de Turku.

Sari se rend ensuite chez Maria, 84 ans, en pleine campagne, où elle vit dans la maison familiale.

Sari fait donc le suivi des petits problèmes de santé liés au vieillissement de Maria. Elle effectue les prises de sang, remplit sa dosette et s'informe de sa diète. Maria se porte plutôt bien.

Des soins à domicile aussi pour les cas plus lourds

L'infirmière Jutta Kallin est responsable d'un cas plus lourd. Ivari Paakki est atteint d'alzheimer. Il vit seul dans son appartement et n'a pas de famille. Il passe la plupart de son temps devant la télé.

Jutta se rend chez Ivari deux fois par jour. Elle vérifie son taux de glycémie, lui donne son injection d'insuline et ses médicaments. Elle vérifie aussi si sa couche est propre et réchauffe ensuite son repas.


Ivari reçoit quatre visites par jour; deux infirmières se relaient. Jutta explique qu'il est important pour Ivari de voir des visages familiers.

Des aînés trop malades pour rester chez eux?

Cristina et Birgit travaillent dans un pavélotalo, une résidence avec appartements pour des personnes semi-autonomes.

Ces infirmières se demandent si le gouvernement ne va pas trop loin en maintenant chez eux des aînés qui seraient, selon elles, bien mieux dans une résidence supervisée.


Elles sont d'autant plus inquiètes que les municipalités responsables de la gestion des soins de santé ne construisent pratiquement plus de telles résidences subventionnées, laissant la voie ouverte au secteur privé.

Birgit et Cristina se demandent si la volonté du gouvernement de réduire les coûts de santé l'emporte sur le bien-être des aînés les plus vulnérables.

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