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La Russie bannie des JO 2018 : « Le CIO ne pouvait pas faire de faux pas »

La décision du Comité international olympique (CIO) de suspendre la Russie des Jeux olympiques de Pyeongchang suscite de nombreuses réactions. La directrice du laboratoire de contrôle du dopage sportif à l'INRS-Institut Armand Frappier à Laval, Christiane Ayotte, estime que la décision est complète.

« Le CIO ne pouvait pas se permettre de faire de faux pas et je pense qu’il a bien réagi », affirme-t-elle.

Mme Ayotte soutient que cette décision permet au CIO de se rattraper après avoir pris de mauvaises décisions avant les JO de Rio.

« Le CIO ne laisse plus de marge de manœuvre [au Comité olympique russe]. S’il veut revenir dans le mouvement olympique, il va falloir qu’il fasse ses devoirs et qu’il fasse maison nette. »

Les athlètes russes pourront participer aux Jeux sous drapeau neutre, mais devront toutefois se plier à des exigences strictes. En plus de devoir respecter les standards de qualification de leur sport, ils devront se soumettre aux tests que recommandera un comité indépendant. Aucun athlète déjà disqualifié pour dopage ne sera admissible.

Christiane Ayotte approuve le choix du CIO à forcer le Comité olympique russe à verser une amende de 15 millions de dollars américains (19 M$ CA) qui servira à renforcer le système antidopage.

Une sanction pas assez sévère?

L'ancien skieur acrobatique, Dominick Gauthier, aurait préféré que l'interdiction soit complète et que les athlètes ne puissent pas participer aux Jeux.

« Les preuves [du stratagème de dopage] sont accablantes. J’aurais aimé qu’on y aille avec l’approche plus complète. »

Dominick Gauthier croit que lorsque des infractions permettront de bannir un pays complètement, on commencera à faire réellement peur aux tricheurs.

« Des pays comme la Russie, comme la Chine, et on pourrait en nommer bien d’autres, ont des structures en place qui font que l’athlète n’est qu’un numéro. L’athlète n’a pas vraiment le choix de se doper ou non. Et s’il se fait prendre, on l’élimine et on va en prendre un autre. [...] La voie de l’avenir c’est de pointer les pays plus que les athlètes. »

Pas seulement la Russie

L'ancien athlète olympique Jean-Luc Brassard croit qu'il faudra surveiller attentivement la suite des choses.

« Dans les coulisses, on sait que ce n’est pas juste la Russie qui fait ça. D’autres pays le font. Est-ce que Poutine va le dire haut et fort au risque d’enterrer à tout jamais l’image des Jeux olympiques? C’est une « game » politique qui est tellement d’un autre niveau. Ce qu’on voit, c’est que ces géants-là ont souvent des pieds d’argile. Il s’agit d’un bon coup au bon endroit pour les faire tomber, et ça, on ne sait pas ce que ça va donner. »

Selon Brassard, c'est une pratique qui dure depuis trop longtemps et qui doit cesser.

Brassard souligne que le Canada doit arrêter de baser ses repères sur le Comité olympique canadien (COC) pour l’octroi de fonds et de subventions. Dans la situation actuelle, les athlètes canadiens reçoivent un financement moins élevé que ce qu’ils pourraient recevoir, puisque les sportifs dopés prennent les premiers rangs.

Beckie Scott, la présidente de la commission des athlètes de l'Agence mondiale antidopage (AMA), s'est dite encouragée par la décision du CIO.

L'ex-fondeuse canadienne milite pour la cause antidopage depuis que sa médaille de bronze, acquise aux Jeux de Salt Lake City, a été promue en médaille d'argent, puis d'or puisque les athlètes l'ayant devancée ont été disqualifiées ou ont échoué à un contrôle antidopage.

Scott est d'avis que le CIO a envoyé un message clair et fort aux athlètes propres, leur signifiant qu'ils seront protégés. Elle a ajouté que si elle était des prochains JO, elle aurait confiance dans le fait que tous se battent sur le même pied d'égalité à la suite de cette décision.

Réactions des athlètes canadiens

Hayley Wickenheiser a pour sa part publié ses états d'âme sur son compte Twitter.

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