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La Russie tente de se défendre au Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité de l'ONU a tenu dimanche une vaine réunion d'urgence portant sur l'escalade de la violence en Syrie, qui s'est terminée sans l'adoption de mesure par les membres.

Le délégué russe a eu de nombreuses altercations avec ses collègues des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France.

Les trois puissances occidentales ont blâmé la Russie d'appuyer l'offensive déclenchée par son proche allié, le président syrien Bachar Al-Assad.

L'ambassadrice des États-Unis Samantha Power a accusé la Russie de faire la guerre au lieu de rechercher la paix. « Au lieu d'aider à apporter de l'aide aux civils, la Russie et Assad bombardent les convois humanitaires, les hôpitaux et les sauveteurs », a-t-elle déclaré.

Elle a rappelé que le siège permanent de la Russie aux Nations unies est un privilège et une responsabilité, soulignant par le fait même que Moscou abusait de ce privilège en Syrie.

Quand l'ambassadeur syrien Bachar Al-Jaafari a commencé à parler, ses trois collègues occidentaux ont quitté la salle où se déroulait la réunion en guise de protestation.

L'ambassadeur russe Vitali Tchourkine a dénoncé les rebelles, les accusant d'avoir saboté la trêve du 9 septembre en renforçant ses défenses. Il a aussi reproché à la coalition menée par les États-Unis d'avoir échoué à séparer les forces modérées des groupes « terroristes » comme le Front Fatah al-Cham lié à Al-Qaïda.

Il a aussi déclaré que la Russie souhaitait toujours de l'établissement d'un cessez-le-feu le retour de toutes les parties à la table de négociations.

De son côté, l'ambassadeur français, François Delattre a soutenu que la mise en œuvre de la trêve « est notre seul espoir ».

Au début de la réunion, le principal envoyé de l'ONU en Syrie, Staffan de Mistura, a prévenu le Conseil de sécurité que si le gouvernement syrien voulait reprendre Alep, il devait s'attendre à de durs combats de rue qui détruiront toutes les infrastructures de la ville, mais ne procureront aucune victoire.

Staffan de Mistura a fait valoir qu'une « prétendue solution militaire était impossible, même à Alep ».

L'envoyé a exhorté les États-Unis et la Russie à ne pas ménager leurs efforts pour sauver la trêve intervenue le 9 septembre.

Syrie : l'engrenage de la guerre

Les bombardements se poursuivent

Les avions syriens et russes ont continué dimanche de pilonner des quartiers d'habitation d'Alep, en détruisant des immeubles qui étaient contrôlés par des insurgés.

Depuis le début de l'offensive du régime syrien pour reprendre les quartiers rebelles, des habitants et des militants ont dénoncé l'utilisation d'un nouveau type de projectiles d'une puissance accrue, notamment pour récupérer le camp d'Handarat à quelques kilomètres au nord d'Alep.

« Nous avons repris le camp, mais le régime l'incendie avec des bombes au phosphore. Nous avons pu nous protéger, mais le bombardement a brûlé nos véhicules », affirme le commandant de la cellule des opérations rebelles, Abou Al-Hassanien. L'armée syrienne a reconnu avoir perdu le contrôle du camp.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), a rapporté que 26 civils avaient péri dans la seule journée de dimanche. Il s'attendait à ce que ce bilan s'aggrave au cours des heures à venir.

Des dizaines de personnes ont trouvé la mort au cours des derniers jours. L'OSDH rapporte qu'au moins 45 personnes, dont dix enfants, ont péri samedi dans le secteur.

Certains projectiles ont l'effet d'un tremblement de terre et réussissent à détruire les sous-sols des immeubles. Une vidéo d'un site bombardé montre d'ailleurs d'énormes cratères de plusieurs mètres de profondeur et de largeur.

Staffan de Mistura a accusé le gouvernement syrien, lors de la rencontre, d'avoir usé « d'une violence militaire sans précédent » contre la population civile d'Alep.

Selon lui, l'annonce par Damas d'une offensive visant à reprendre la ville d'Alep aux rebelles a conduit à un des pires épisodes de la guerre civile en cours depuis 5 ans et demi. Les quartiers résidentiels de la ville ont été frappés par plusieurs dizaines de bombardements qui ont causé mort et destruction.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a d'ailleurs indiqué que « l'apparente utilisation systématique » d'engins incendiaires et de bombes particulièrement puissantes dans des zones habitées « pouvait constituer des crimes de guerre ». Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, a aussi soulevé cette possibilité.

Aide humanitaire reçue dans quatre localités

Le Comité international de la Croix-Rouge rapporte que 70 camions ont livré dimanche de l'aide humanitaire à quatre localités assiégées de Syrie pour la première fois en près de six mois.

Près de Damas, la localité de Madaya qui compte environ 40 000 habitants, et celle de Zabdani, où un millier de personnes vivent encore, ont reçu de l'aide.

Dans la province d'Idlib au nord-ouest du pays, les villages d'Al Foua et Kefraya qui comptent environ 20 000 habitants ont également bénéficié d'aide humanitaire.

Les opérations humanitaires de l'ONU ont repris jeudi après avoir été suspendues pendant 48 heures à la suite de l'attaque d'un convoi de 31 camions à Ourm al-Koubra, à l'ouest d'Alep.

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