Retour

La Saskatchewan devient la seule province à ne plus financer les soins spirituels

Des personnes en fin de vie, des familles endeuillées, ou des parents qui perdent un nouveau-né pouvaient bénéficier de soins spirituels financés par le gouvernement de la Saskatchewan. Mais lors du dernier budget, la province a mis fin à ces services d'accompagnement.

Un texte d’Andréanne Apablaza

Partout au Canada, il y a des employés dans les établissements de santé qui ont pour mission d'être à l'écoute de la spiritualité de leurs patients, dans un cadre religieux ou non. Avec le nouveau budget, la Saskatchewan devient dès lors la seule province au pays à ne plus financer ces soins, selon l’Association canadienne de soins spirituels.

Dans son budget déposé le 22 mars, le gouvernement de la Saskatchewan a annoncé qu’il supprimait tous les services spirituels offerts dans les établissements de santé de la province.

L’aumônière stagiaire Denise Seguin Horth se désole de la décision du gouvernement Wall.

Elle craint que les soins spirituels soient privatisés, et que les personnes les plus vulnérables n’y aient plus accès. « Ceux qui n’ont pas de soutien, pas de famille, pas d’église, ils n’appartiennent pas à une communauté religieuse, ils n’auront pas cette connexion spirituelle et ils se sentiront encore plus isolés dans un milieu où ils ne sont pas confortables », s'inquiète Denise Seguin Horth.

Elle craint l’impact que la fin de ces soins aura sur la santé des patients. « Je trouve qu’on nuit à la communauté, à la santé, et à la guérison », dit-elle.

C’est aussi l’avis de l’évêque de Prince Albert, déçu par cette compression. Mgr Albert Thévenot estime que les soins spirituels sont souvent aussi bénéfiques que les soins médicaux.

« Le côté spirituel joue un rôle très important dans l’acceptation de la maladie, de notre condition et peut encourager ou aider la personne à recouvrer la santé le plus vite possible », confie l’évêque.

Selon Mgr Albert Thévenot, les membres de l’Église vont poursuivre leurs visites dans les établissements de santé. « Nous n’avons jamais reçu un salaire, nous allons continuer à le faire. Mais nous n’avons plus la collaboration qu’on avait avec l’État », se désole-t-il.

1,5 million de dollars

Les compressions concernant les soins spirituels dans les établissements de santé permettront, selon la province, d’économiser 1,5 million de dollars.

Le ministre de la Santé, Jim Reiter, reconnaît l’importance des soins spirituels, mais estime que la province n’a tout simplement plus l’argent pour les fournir. « À la lumière d’un budget difficile, nous ne voulons pas payer ces salaires », explique le ministre.

Le ministère espère que ce seront les bénévoles et les Églises qui prendront le relais.

Denise Seguin Horth croit cependant qu’il sera difficile pour les bénévoles de poursuivre leur travail, puisque les intervenants en soins spirituels ne seront plus là pour les diriger et les coordonner.

Prisons

Les soins spirituels seront encore offerts à certains endroits dans la province, notamment dans les prisons.

La Charte canadienne des droits et libertés oblige les centres correctionnels à offrir du soutien spirituel aux détenus.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un enfant impressionne à la batterie dans le métro de New York





Rabais de la semaine