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La sécheresse en Alberta pourrait faire grimper les prix du bœuf

Les consommateurs devront probablement payer plus pour leurs steaks, rôtis et autres coupes de bœuf d'ici l'an prochain à cause de la sécheresse qui sévit en Alberta.

Le prix du bœuf a déjà atteint de nouveaux sommets cette année et il continue de grimper à mesure que la taille des troupeaux diminue. Des éleveurs de l'Alberta et de la Saskatchewan qui peinent à nourrir leur bétail optent maintenant pour vendre leurs animaux aux enchères.

Pas assez de précipitations

Au moins neuf comtés en Alberta ont déclaré l'état de désastre agricole à cause de la sécheresse. Plusieurs régions ont reçu moins de 100 mm de pluie pour la période couvrant le début avril au début juillet, soit moins de la moitié des niveaux de précipitation normaux. Certaines régions n'ont même pas reçu 50 mm de pluie, selon le ministère de l'Agriculture de l'Alberta.

Les pâturages et les cultures de foin sont en piètre état, et peu de fourrage est offert sur le marché.

Les bœufs de Kelly Mabbutt sont habitués à brouter l'herbe grasse des prairies vallonnées, près de Gibbons à environ 40 km au nord d'Edmonton. Cette année, les bêtes qui flânent plutôt sur l'herbe brûlée trouvent peu de végétation à se mettre sous la dent.

« Cela nous inquiète, on en parle chaque jour », souligne M. Mabbutt.

Pénurie de fourrage

Dans une année normale, les champs de M. Mabbutt produisent trois balles de foin par acre. De telles récoltes lui permettent d'approvisionner une demi-douzaine de fermiers en plus de nourrir son propre troupeau. Cette année, sa récolte n'est que d'une demi-balle par acre. Il devra, à son tour, acheter du foin pour nourrir ses bêtes.

Les fermiers pourraient devoir payer 150 $, voire 200 $ pour une grande balle de foin ronde, s'ils arrivent à en trouver. Celles-ci se vendent habituellement 50 $.

Un des acheteurs de foin de Kelly Mabbutt, Martin Skaret, ne sait pas où il pourra trouver le fourrage pour nourrir ses 40 vaches Simmenthal. Ses réserves ne dureront plus que 40 jours.

« C'est très stressant. J'ai passé 15 ans à bâtir mon troupeau et tout d'un coup, j'ai une pénurie de fourrage. Je veux garder mes bêtes encore quelques années, j'ai besoin d'aide », souligne M. Skaret.

À court terme, la réduction de la taille des troupeaux pourrait faire baisser légèrement les prix du bœuf, mais ceux-ci pourraient rebondir encore plus haut l'an prochain puisqu'il y aura encore moins de bétail au pays.

« À long terme, l'approvisionnement deviendra plus difficile si la sécheresse entraîne une diminution des troupeaux de bovins, ce qui amènera les prix à un autre niveau », explique Greg Bowie, le président des producteurs de bœuf de l'Alberta.

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