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La situation nord-coréenne de plus en plus inquiétante, selon un expert

La situation est de plus en plus inquiétante dans la péninsule coréenne, estime Benoît Hardy-Chartrand, chercheur en sécurité politique mondiale, à la suite du cinquième essai nucléaire mené vendredi par Pyongyang.

Un texte de Christine Charest

Cette démonstration de force ne constitue pas un simple exercice de propagande, assure le chercheur au Centre pour l'innovation dans la gouvernance mondiale de Waterloo.

Non seulement le pays effectue un plus grand nombre d'essais nucléaires, mais ceux-ci sont également beaucoup plus puissants qu'auparavant.

« Avant, les essais nucléaires se faisaient tous les trois ou quatre ans. Aujourd'hui, neuf mois après le début de l'année, on se retrouve avec un cinquième essai nucléaire dont la force est beaucoup plus puissante que les précédents. Alors que le premier essai était d'une seule kilotonne, on parle aujourd'hui de plus de 10 kilotonnes », ajoute Benoît Hardy-Chartrand.

La Corée du Nord a accéléré ses programmes nucléaires et balistiques, malgré les sanctions de l'ONU, qui ont été renforcées en mars.

De plus en plus sophistiquées

En tout, une trentaine d'essais de missiles ont été effectués en Corée du Nord depuis l'arrivée au pouvoir du dirigeant de 32 ans Kim Jong-un.

Les capacités militaires et technologiques avancent et deviennent de plus en plus sophistiquées, selon M. Hardy-Chartrand.

« Maintenant, ils ont même la capacité d'effectuer des lancements à partir de sous-marins, ce qui est une nouvelle facette à leur arsenal. S'ils ont bien réussi à miniaturiser les engins nucléaires, ils ont maintenant la capacité de les envoyer avec des missiles à courte, moyenne ou longue portée, ce qui met les pays de la région sur un pied d'alerte et donne une toute nouvelle dimension à la menace de Pyongyang », ajoute-t-il.

Dans une optique de survie

Le leader nord-coréen amène donc à un autre niveau la stratégie développée par ses prédécesseurs depuis la fondation de la Corée du Nord en 1949.

Ayant toujours perçu son voisinage et plus spécialement les États-Unis comme ayant des politiques hostiles à son égard, ses gestes sont posés dans une optique de survie, explique le chercheur.

De nouvelles sanctions à l'horizon

Le Conseil de sécurité a qualifié l'essai nucléaire de vendredi de « claire violation, au flagrant mépris » de ses précédentes résolutions et du régime mondial de non-prolifération nucléaire.

L'organisation onusienne, qui avait durci les sanctions contre Pyongyang en mars dernier après un précédent essai nucléaire, a annoncé qu'elle adopterait une résolution en conséquence, à l'issue d'une réunion vendredi.

De nouvelles sanctions devraient donc être imposées prochainement à l'endroit du pays.

Benoît Hardy-Chartrand n'est pas convaincu que des sanctions très sévères comme la résolution 2270 adoptée en mars dernier ralentissent les ardeurs de Pyongyang.

Une forte capacité de résilience

Dotée d'une forte capacité de résilience, la Corée du Nord a démontré qu'elle réussit à survivre dans un environnement où il y a énormément de sanctions imposées contre elle, estime le chercheur.

Les Nord-Coréens dans un vase de moins en moins clos

En ce qui concerne l'accès à l'information étrangère, la situation change pour les Nord-Coréens, assure Benoît Hardy-Chartrand, qui explique que plusieurs pays occidentaux s'affairent à en favoriser l'accès.

Les possibilités étant restreintes pour la communauté internationale de faire pression sur le régime de de Kim Jong-un, M. Hardy-Chartrand, explique que le pari de l'information est une stratégie entreprise par plusieurs pays, qui pourrait éventuellement porter ses fruits.

« Il y a très peu d'actions pouvant être prises directement par la communauté internationale. L'une des choses à faire est de favoriser la capacité du peuple à avoir accès à ces informations pour qu'il puisse ensuite appuyer de façon moins directe le régime de Kim Jong-un, avec des conséquences qui pourraient être néfastes pour le régime ».

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