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La SQ interroge l'auteur d'un tweet suspect sur les femmes

Des accusations pourraient être portées contre l'auteur d'un tweet qui associe un livre sur des femmes québécoises, Les superbes, et Marc Lépine, l'auteur du massacre de l'École polytechnique de Montréal en 1989.

La Sûreté du Québec (SQ), qui a pris connaissance de l'affaire par Twitter, a affirmé sur sa page du réseau social qu'elle en a informé la Centrale de l'information criminelle (CIC) et que l'auteur du tweet, Vincent Olivier, a été entendu mardi par les enquêteurs. Le dossier sera transmis au procureur dans les prochains jours.

« Wow malade? ! De l'au-delà, marc Lépine a mis à jour sa fameuse liste #lol », avait écrit sur sa page twitter Vincent Olivier en illustrant son message avec une photo de la couverture du livre Les superbes. Une couverture sur laquelle sont inscrits des noms de femmes interviewées par les deux auteures, Léa Clermont-Dion et Marie Hélène Poitras. 

Léa Clermont-Dion, qui a relayé le tweet le qualifie d'inacceptable. « Ça dépasse l'entendement, je suis habituée de recevoir des commentaires misogynes et sexistes, mais haineux à ce point, c'est plus rare », s'indigne la jeune étudiante de l'Université de Laval. Et de déplorer « la radicalisation » du propos sur le web qui encourage l'antiféminisme, selon elle.

Une blague de mauvais goût plutôt qu'une menace?

Pierre Trudel, professeur en droit public de l'Université de Montréal, ne pense pas qu'il s'agit d'une menace explicite. « Étant donné qu'en matière pénale le doute bénéficie à l'accusé, on est plus dans le domaine de la blague d'extrême mauvais goût que la menace en tant que telle », explique-t-il.

« Par contre, il aurait suffi de quelques changements de mots, comme : ''Ces femmes, je les mets sur ma liste comme l'a fait Marc Lépine, elles n'ont qu'à bien tenir'', là, on pourrait parler de menace absolue », précise le professeur en droit public.

Vincent Olivier, l'homme aux tweets provocateurs

Sur son profil Twitter, Vincent Olivier se définit comme un « patriarche radical et docteur de l'Église catholique romaine ». Sa page de couverture est illustrée par un tableau de l'artiste russe Viktor Mikhaïlovitch Vasnetsov,  Les quatre cavaliers de l'Apocalypse, munis d'arcs, de flèches et d'épées.  

Sa page est truffée de tweets provocateurs sur des thématiques comme le port du hijab par des policières musulmanes, l'avortement, la violence conjugale, etc.

Les superbes recueille les témoignages de plusieurs femmes québécoises qui racontent leur vie, leur parcours professionnel et, surtout, leur réussite dans leur domaine, et ce, sans occulter les jugements à caractère sexiste dont elles ont fait l'objet.

Comment réagir face aux messages haineux sur les réseaux sociaux?

Catherine Contant, gestionnaire de communauté à Radio-Canada, a livré sa recette dans une entrevue mercredi sur ICI RDI.

Il faut faire aussi une impression d'écran du message haineux et la remettre à la police, recommande Mme Contant. Toutefois, la victime ne doit pas signaler immédiatement le compte de l'agresseur à Twitter ou à Facebook, qui risquent de le supprimer, ce qui enlèverait toute preuve et rendrait difficile l'enquête de la police.

Toutefois, si le message est désobligeant, il faut s'adresser d'abord à son auteur, lui faire comprendre qu'il a détourné la conversation. Et s'il récidive, il est conseillé de supprimer cette personne de sa liste d'amis, poursuit-elle. 

« Les trolls sont des gens qui aiment commenter en public, créer la polémique et qui recherchent l'attention », souligne Catherine Contant. C'est pourquoi, ajoute-t-elle, rendre publics certains messages désobligeants peuvent pousser les trolls à en faire davantage.

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