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La Sûreté du Québec veut retirer ses patrouilleurs de Lac-Simon

La Sûreté du Québec (SQ) prend la décision de retirer ses patrouilleurs de la communauté de Lac-Simon. Selon nos informations, les agents de la SQ ne seront plus présents sur le territoire algonquin dès mercredi, sauf en cas d'urgence. Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, affirme toutefois qu'aucune décision n'est prise.

Depuis le décès du policier Thierry Leroux, des patrouilleurs viennent fréquemment en renfort aux policiers autochtones en raison d'un manque de personnel au sein du corps policier de la communauté.

Or, la sortie de la chef de la communauté de Lac-Simon, lundi dernier, aurait irrité les dirigeants de la Sûreté du Québec. Adrienne Jérôme affirmait ne plus pouvoir faire confiance aux policiers de la Sûreté du Québec et disait ne plus souhaiter leur présence sur le territoire de Lac-Simon.La chef de Lac-Simon confirme pour sa part avoir reçu l'information que le service de police allait se retirer. Elle maintient ne plus faire confiance à la Sûreté du Québec, mais assure que cette décision a été prise par le corps policier provincial et non par son conseil de bande. Nous autres, on considère un abandon de la part de la SQ.

Ce que moi j’ai dit, c’est que je voulais préciser que si les policiers de la Sûreté du Québec ne peuvent pas respecter ou assurer convenablement la sécurité de nos membres, ils ne devraient pas travailler chez nous.

La chef, Adrienne Jérôme

Elle ajoute que les membres de sa communauté demandent depuis longtemps le respect, la sécurité et la protection « comme tous les autres Québécois », dit-elle.

Présence policière diminuée

La communauté de Lac-Simon pourrait maintenant se retrouver avec un important manque de main-d’œuvre au sein de son corps policier. Selon une entente avec le ministère de la Sécurité publique et la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), il doit y avoir quatre patrouilleurs, tous corps de police confondus, et ce, en tout temps à Lac-Simon. C’est notamment ce qui expliquait la présence accrue de policiers de la SQ sur le territoire.Le président du Syndicat de la fonction publique (SCFP), Stéphane Lachance, se dit surpris que la Sûreté du Québec ait pris la décision de retirer ses patrouilleurs de la communauté de Lac-Simon. Il reconnaît toutefois qu'un situation comme celle-ci était imminente notamment depuis les propos tenus par la chef Adrienne Jérôme à l'égard de la Sûreté du Québec. Cette décision fait en sorte que seuls les 13 policiers du Service de police de Lac-Simon seront en mesure de patrouiller dans le secteur. Selon Stéphane Lachance, cette situation aura des impacts importants à plus ou moins long terme.

C'est nettement insuffisant pour offrir un service 24h/24, avec quatre policiers en tout temps. Donc effectivement, on envisage des problèmes à plus ou moins long terme.

Stéphane Lachance

Quant à la chef Adrienne Jérôme, elle entend soumettre la situation au gouvernement afin de trouver des solutions. « Il y a un sous-financement, soutient-elle. Nos policiers ne peuvent pas faire de prévention, d’éducation ou de sensibilisation. Ils sont toujours à éteindre des feux. »

Le ministre de la Sécurité publique dit qu'aucune décision n'a été prise

« Non, il n'y a pas une telle décision qui a été prise. Il faut comprendre qu'il y a des discussions qui sont en cours pour, éventuellement, un retrait de la Sûreté du Québec parce que, ce qu'on souhaite, c'est que ce soit le corps policier autochtone qui prenne en charge la sécurité sur le territoire. Pour l'instant, la façon dont ça fonctionne, c'est que le corps policier autochtone assure la sécurité durant la journée et la Sûreté du Québec assure la sécurité pendant la nuit. Et ça, ça continue », affirme Martin Coiteux, ministre de la Sécurité publique.

Il n'y a pas de retrait. Essentiellement, ça ne peut pas se faire si la sécurité de la population est compromise. C'est une information qui a circulé, mais elle n'est pas exacte.

Martin Coiteux

M. Coiteux a aussi rappelé que des discussions sont en cours avec le fédéral pour le renouvellement des ententes sur le financement des corps de police dans les communautés autochtones. Ces ententes arrivent à échéance en 2018.

La Sûreté du Québec n'a pas voulu confirmer cette décision et n'a pas souhaité donner d'entrevue sur le sujet.

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