Retour

La taxe fédérale sur le carbone pourrait réduire le PIB de la Saskatchewan

La taxation du carbone pourrait réduire le produit intérieur brut (PIB) de la Saskatchewan de près de 16 milliards de dollars, selon une nouvelle analyse de l'Institut de l'énergie, de l'environnement et des collectivités durables de l'Université de Regina.

« Le gouvernement fédéral a considérablement sous-estimé les conséquences économiques de sa taxe sur le carbone et surestimé les réductions prévues de gaz à effet de serre (GES) », a déclaré le ministre de l'Environnement de la Saskatchewan, Dustin Duncan, dans un communiqué de presse qui fait mention de cette étude.

Ottawa imposera une taxe sur le carbone aux provinces qui n’auront pas établi de processus de tarification. Le Québec et la Colombie-Britannique, par exemple, ont déjà adhéré au marché du carbone. Dans le plan du fédéral, les taux de redevance augmenteront de 20 $ la tonne d’équivalent CO2 en 2019 à 50 $ la tonne en 2022.

« Cette analyse plus approfondie de l’Université de Regina indique que la réduction du PIB de plusieurs milliards se traduirait par des industries moins concurrentielles en Saskatchewan et moins d'emplois à l'échelle de la province. C'est exactement pourquoi notre gouvernement n'a jamais soutenu cette taxe et la conteste devant les tribunaux », ajoute le ministre de l’Environnement.

Le scénario le plus conservateur examiné par le gouvernement de la Saskatchewan montre qu'une taxe sur le carbone de 50 $ la tonne réduirait le PIB provincial de 2,43 % ou de 1,8 milliard de dollars par année. Le gouvernement estime donc que les effets sur le PIB provincial pourraient atteindre environ 16 milliards de dollars de 2019 jusqu'à la fin de 2030.

L'étude a également examiné la portée environnementale potentielle d'une taxe fédérale sur le carbone et a conclu qu'elle ne ferait que réduire les émissions de GES de moins d'une mégatonne. Cela représente environ 1,25 % des émissions totales de la Saskatchewan, toujours selon l'étude.

« Notre stratégie renforcera notre résilience quant aux changements climatiques, entraînera des réductions d'émissions réelles et assurera la compétitivité de nos industries », indique le ministre Dustin Duncan.

Cette stratégie sur les changements climatiques de la Saskatchewan comprend un engagement de la part de la société d'État SaskPower pour atteindre le taux de 50 % de production d'électricité obtenue à partir de ressources renouvelables et de réduire ses émissions globales de 40 % d'ici 2030. Si SaskPower remplit ces exigences, cela se traduirait par des réductions de GES d'environ six millions de tonnes, selon le gouvernement.

Le gouvernement de la Saskatchewan rappelle que selon lui, il pourra réaliser des réductions importantes d’émissions de GES sans imposer de taxe sur le carbone.

Le NPD critique l'étude

Du côté de l’opposition, le chef du Nouveau Parti démocratique de la Saskatchewan, Ryan Meili, a appelé à la prudence concernant cette étude.

Selon lui, l'étude contredit les résultats d’autres études similaires. « Les résultats de l’étude sont vraiment différents d’autres études partout au Canada qui montrent d’habitude que l’effet des prix sur le carbone [sur l'économie] est moins important que l’effet de régulations sévères », a-t-il déclaré. Il ajoute que la stratégie actuelle de la Saskatchewan repose sur le principe de régulation des émissions de carbone.

Ryan Meili souligne aussi cette étude n’a pas été revue par des pairs. « C’est un peu inquiétant qu’il dise cela comme si c’était la vérité. Cette étude n’a pas été comparée avec d’autres études, je pense qu’il faudrait demander l’avis d’autres experts sur cette étude ».

Ryan Meili ajoute que cette étude devrait par ailleurs être comparée avec d’autres études qui examinent les effets sur l’économie en utilisant d’autres solutions. « Le but, c’est diminuer les émissions tout en ayant le moins d’effet possible sur l’économie », a-t-il rappelé.

Plus d'articles