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La transmission du VIH de mère à enfant pratiquement éliminée au pays

Le Canada a pratiquement éliminé le risque qu'une mère transmette le VIH à son enfant grâce aux nombreux tests effectués avant la naissance et à l'accès accru à la trithérapie, les médicaments antirétroviraux qui atténuent les risques de transmission du virus.

Le Dr Jason Brophy, qui recense tous les cas depuis 1990, indique que le Canada poursuit une tendance à la baisse depuis une dizaine d'années. En 2014, seulement un cas a été répertorié. Chaque année, environ 200 enfants naissent de mères qui ont contracté le VIH.

« La définition de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de l'élimination correspond à une transmission de moins de 2 % et c'est où nous en sommes », s'est réjoui le Dr Brophy, qui est aussi directeur du Groupe canadien de recherche sur le sida chez les enfants.

Les résultats des recherches étaient tirés de trois études présentées mercredi à la huitième Conférence sur la pathogenèse, le traitement et la prévention du VIH, qui se tient à Vancouver.

Dans les années 1990, avant l'avènement de la trithérapie, environ 84 % des mères apprenaient qu'elles étaient infectées par le virus après être tombées enceintes, a indiqué le Dr Brophy. De 2010 à 2013, ce chiffre se situait à environ 10 %. Ainsi, 90 % des mères savent qu'elles portent le VIH et elles prennent les médicaments en conséquence.

Or, même les femmes qui reçoivent leur diagnostic en cours de grossesse sont moins à risque de transmettre le virus, si elles commencent à recevoir leur traitement au moins un mois avant l'accouchement.

« À ce point-ci, j'ai vu des centaines de bébés et aucun n'a été infecté. C'est lorsque le virus n'est pas inhibé à la naissance [...] qu'il existe un risque réel », a-t-il expliqué.

Reflet de « tendances mondiales »

Par ailleurs, selon une autre étude présentée mercredi, parmi les 3900 femmes atteintes du VIH qui ont donné naissance à un enfant au Canada entre 1990 et 2013, 54 % étaient originaires d'un autre pays et, de ce nombre, 71 % provenaient du continent africain. Dans les années 1990, les mères étaient davantage d'origine haïtienne, mais depuis 2008, elles sont majoritairement de l'Éthiopie, du Congo, du Zimbabwe et du Nigeria.

« Une tendance intéressante que nous pouvons voir [avec ces données], c'est qu'elles reflètent ce qui se passe dans le monde autour de nous. Plusieurs pays subissent des conflits et nous observons une augmentation du nombre de femmes de ces pays. La population périnatale canadienne laisse entrevoir des tendances mondiales », a dit le Dr Brophy.

Selon une étude du professeur de santé publique de l'Université de la Colombie-Britannique Joel Singer, 97 % des femmes atteintes du VIH au Canada avaient reçu la trithérapie avant d'accoucher.

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