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La Turquie bombarde des bases kurdes en représailles à l’attentat d’Ankara

Au lendemain d'un attentat terroriste qui a fait 37 morts à Ankara, l'aviation militaire turque a bombardé des camps du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en Irak. Selon l'état-major turc, une dizaine de chasseurs ont pilonné des bases leur appartenant dans les montagnes de l'Extrême-Nord irakien, dans les secteurs de Kandil et Gara.

Selon des sources de sécurité turques, l'une des deux auteurs de l'attentat à la voiture piégée de dimanche est Seher Cagla Demir, née en 1992 à Kars, et qui avait rejoint les rangs du PKK il y a trois ans. La presse turque soutient qu'elle a été identifiée par ses empreintes digitales.

Selon un responsable des services de sécurité, le corps du second suspect a été identifié comme étant celui d'un ressortissant turc lié au mouvement séparatiste kurde.

La police turque a par ailleurs annoncé l'arrestation de quatre suspects, lundi, dans la ville de Sanliurfa (sud-est), en lien avec cet attentat, selon l'agence de presse progouvernementale Anatolie. La police soupçonne que le véhicule utilisé lors de l'attaque a été acheté dans cette ville.

L'attentat de dimanche, qui n'a pas été revendiqué, a été commis à la place Kizilay, un secteur commercial très achalandé de la capitale turque, où de nombreuses lignes de transport en commun se croisent. L'endroit est situé tout près des ministères de la Justice et de l'Intérieur.

Selon une source policière, la voiture qui a été précipitée sur un autobus municipal était bourrée d'explosifs du même type que ceux employés lors d'un précédent attentat, commis le 17 février. Des clous et des billes avaient été ajoutés pour provoquer un maximum de dégâts, d'après cette même source.

Un bilan officiel, livré lundi matin par le ministre de la Santé, rapporte que 71 personnes blessées durant l'attentat sont toujours hospitalisées, dont 15 sont dans un état grave.

Les multiples combats d'Ankara

L'attentat du 17 février avait été revendiqué par les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), qui se présentent comme une organisation dissidente du PKK. La Turquie a cependant attribué l'attaque aux Unités de protection du peuple (YPG), les combattants kurdes de Syrie, qu'Ankara assimile au PKK.

Depuis l'été dernier, le cessez-le-feu observé par les forces turques et les combattants du PKK a volé en éclats. Au cours des derniers mois, de violents combats ont repris dans de nombreuses villes kurdes du sud-est du pays, faisant de nombreux morts parmi les militaires et les civils.

Traditionnellement, le PKK s'est toujours attaqué à des symboles du pouvoir turcs, dont les forces de sécurité, et ne cible pas les civils. S'il devait revendiquer l'attentat de dimanche, cela constituerait un développement significatif dans ce conflit.

Le conflit opposant la Turquie aux combattants kurdes du PKK et des YPG est très embêtant pour la coalition internationale formée pour lutter contre l'État islamique en Syrie et en Irak.

Les membres de la coalition, les États-Unis en tête, s'inquiètent d'une déstabilisation de la Turquie. En plus de son conflit avec les Kurdes, le pays a subi quatre attentats attribués au groupe armé État islamique au cours des six derniers mois.

En Irak et en Syrie, la coalition compte cependant sur les forces kurdes pour reprendre du terrain à l'État islamique.

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