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La Turquie lance une offensive terrestre contre les milices kurdes en Syrie

La Turquie a lancé samedi son offensive terrestre contre des milices kurdes actives dans la région d'Afrine, dans le nord de la Syrie. L'opération, qui comprend également des bombardements aériens, est envisagée avec inquiétude par Washington, pour qui ces milices sont un allié incontournable dans la lutte contre le groupe armé État islamique.

Les bombardements turcs ont fait 10 morts samedi, pour la plupart des civils, a affirmé un porte-parole des Unités de protection du peuple (YPG), la milice kurde qui contrôle la région. La branche politique de l’organisation fait aussi état de 25 blessés parmi les civils.

YPG est considérée comme une organisation terroriste par Ankara, qui l’accuse d'être la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une rébellion dans le sud-est de la Turquie depuis plus de 30 ans.

« L'opération Afrine a commencé de facto sur le terrain », a déclaré samedi le président turc Recep Tayyip Erdogan.

L’état-major turc annonçait par ailleurs samedi matin avoir visé des abris et des caches utilisés par des miliciens kurdes. L’agence de presse Anadolu évoque au total 108 cibles touchées.

Annoncée depuis des jours, l’opération aérienne avait commencé dans la nuit de jeudi à vendredi.

Les menaces d'intervention turque avaient auparavant suscité l'inquiétude à Washington, qui a soutenu les YPG dans leur lutte contre le groupe armé État islamique et leur prise de contrôle d'une grande partie du nord de la Syrie, jusqu'à la frontière irakienne.

Cette offensive pourrait donc détériorer les relations d’Ankara avec Washington, alliés militaires au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

La Syrie nie avoir été informée

La Turquie a indiqué samedi que le président syrien Bachar al-Assad avait été informé « par écrit » de son offensive, ce que le régime syrien a toutefois nié, dénonçant une « brutale agression de la Turquie sur Afrine ».

La Grande-Bretagne a de son côté estimé que la Turquie avait un « intérêt légitime » à assurer la sécurité de ses frontières.

Présente en Syrie où elle soutient l'armée gouvernementale syrienne, la Russie s'est quant à elle dite préoccupée par l'opération turque et a lancé un appel à la retenue.

Franz Klintsevich, un député russe cité par l'agence RIA, a annoncé que la Russie allait saisir les Nations unies pour obtenir la cessation de l'opération militaire conduite par Ankara.

Jeudi, le chef d'état-major de l'armée turque et le patron des services de renseignements s'étaient rendus à Moscou pour discuter de cette opération militaire.

Le président turc avait prévenu lundi que son armée était prête à lancer une opération « à tout moment » contre les milices kurdes syriennes d'Afrine et de Manbij, une autre municipalité située plus à l'est en Syrie.

Sa colère a été engendrée par la décision de la coalition militaire menée par les États-Unis de créer en Syrie une nouvelle force transfrontalière de 30 000 combattants, dont des combattants des YPG.

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