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La vague de dénonciation #MoiAussi influence le milieu du jeu vidéo

La vague de dénonciation #MoiAussi n'a pas épargné le milieu du jeu vidéo cette année, mais les impacts concrets se font encore attendre. Les organisateurs du salon EGLX, qui de déroule ce week-end à Toronto, admettent que des efforts supplémentaires doivent être déployés pour mettre fin aux inconduites sexuelles dans l'industrie.

Un texte de Mathieu Simard

À peine arrivé à la foire de jeux vidéo EGLX, le constat est évident : les femmes sont en désavantage numérique.

« Je pense que le monde associe les jeux vidéo plus aux hommes, avoue l'organisateur de l'évènement, Jason Lépine. Mais il y a de plus en plus de filles. »

Certes, les femmes sont plus présentes qu'auparavant, mais le milieu demeure dominé par les hommes, surtout lorsqu'il est question de sport électronique.

Les quelques femmes qui compétitionnent deviennent souvent la cible de menaces et de comportements déplacés. Des adeptes de jeux vidéo ont pris la parole dernièrement pour dénoncer le climat hostile aux femmes. « On a vu ça aussi dans notre industrie, alors oui, ça existe », explique Jason Lépine.

Kelsy Mederos est une experte du populaire jeu Super Smash Bros. Elle est une des meilleures au pays, ce qui ne plaît pas toujours à ses adversaires masculins.

« J'aimerais qu'il y ait davantage de sécurité lors des évènements majeurs. Les organisateurs ne sont souvent pas assez vigilants », explique-t-elle. Lors d'une compétition à Boston, Kelsy Mederos a dû s'enfermer dans sa chambre d'hôtel, parce qu'elle avait reçu des menaces sur les réseaux sociaux.

D'autres femmes rencontrées lors de la foire EGLX ont aussi avoué recevoir fréquemment des insultes lorsqu'elles jouent en ligne.

Rebeca Maynard admet souvent éteindre le micro et les écouteurs de son ordinateur, pour ne plus entendre les commentaires dégradants : « J'ai des maux de tête à force d'écouter les insultes ». Rebeca Maynard et Kelsy Mederos s'entendent toutefois pour dire que les comportements changent petit à petit.

Changements à apporter

L'évènement EGLX a été critiqué pour le peu de place fait aux femmes sur les panels de discussion. Le comité organisateur a indiqué avoir reçu plusieurs commentaires sur les réseaux sociaux à cet effet.

« C'est quelque chose qu'on cherche à améliorer pour l'an prochain. On veut vraiment avoir une bonne diversité dans nos panélistes qu'ils soient des hommes ou des femmes, pour bien représenter l'industrie », explique Jason Lépine.

EGLX est la plus importante foire du genre au pays. 15 000 visiteurs sont attendus ce week-end.

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