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La Vérif : pourquoi les demandeurs d'asile entrent-ils presque tous par le Québec?

En janvier et février dernier, la GRC a intercepté 3082 migrants parce qu'ils avaient franchi illégalement la frontière. Plus de 95 % de ces arrestations ont été effectuées au Québec. Voici pourquoi.

Un texte de Vincent Maisonneuve et Nathalie Lemieux

Si les migrants clandestins passent par le Québec, c’est essentiellement pour des raisons géographiques.

S’ils voulaient, par exemple, entrer clandestinement au Canada par le Nouveau-Brunswick, ils devraient d’abord traverser une immense forêt. Presque tout l’Ontario est séparé des États-Unis par de l’eau. Pour accéder au pays par le territoire ontarien, les migrants clandestins devraient donc nager ou avoir accès à un bateau.

Dans les Prairies, les distances entre les centres urbains sont immenses, et il fait froid une bonne partie de l’année. Une migrante qui tentait d’entrer par le Manitoba est d’ailleurs morte de froid en mai dernier.

Plus à l’ouest, il y a les montagnes. Il y a bien un secteur de la frontière terrestre qui est accessible en Colombie-Britannique, mais comme la plupart des migrants venant des États-Unis passent d’abord par des grandes villes de la côte est, comme New York, le choix d’entrer par le Québec devient assez logique.

De plus, il y a, le long de la frontière entre le Québec et les États-Unis, un nombre important de routes sans poste frontalier, comme dans le cas du chemin Roxham.

Une fois entrés, qui a la responsabilité des demandeurs d’asile?

En vertu d’une convention internationale signée en 1951, le Canada a l’obligation de s’occuper des demandeurs d’asile, au moins pendant le traitement de leur dossier, et ce même s’ils entrent au pays illégalement.

Durant cette période, le fédéral est responsable de traiter la demande, de gérer l’octroi du permis de travail et de payer les frais de soins de santé. De son côté, la province doit s’occuper de l’hébergement, offrir l’accès à l’éducation primaire aux enfants et verser l’aide sociale.

Plus il y a de migrants, plus les délais de traitements sont longs à Ottawa, plus ça coûte cher, particulièrement au Québec. C'est pour cette raison que le gouvernement québécois réclame, depuis mars dernier, une aide financière de 146 millions de dollars au gouvernement fédéral.

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