Suivez avec nous les chercheurs du Coriolis II dans leur mission sur les eaux du golfe du Saint-Laurent. Objectif : étudier le gisement d'Old Harry, un secteur jugé prometteur pour ses réserves en hydrocarbures, mais méconnu des scientifiques, qui s'inquiètent des impacts potentiels en cas de déversement.

Un photoreportage de Chantal Srivastava aux Années lumière

Nous avons quitté les Îles-de-la-Madeleine le 14 juin à bord du Coriolis II. L'ancien bateau de la Garde côtière a été transformé en véritable laboratoire flottant. C'est le navire de recherche de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR).

Photo : Radio-Canada/Chantal Srivastava

Le bateau fait à peine 50 mètres de long et peut héberger un maximum de 28 personnes. Avis aux estomacs sensibles, le Coriolis II a la réputation de bien secouer les passagers! Plusieurs scientifiques présents à bord l'ont d'ailleurs appris à leurs dépens.

Photo : Radio-Canada/Chantal Srivastava

L'océanographe Daniel Bourgault, professeur à l'UQAR, est le chef de mission. Sa spécialité, c'est l'étude des courants marins. Il a récemment modélisé sur ordinateur la dispersion des hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent en cas de déversement.

Pour lui, rien de mieux qu'une expérience pour valider un modèle. Il profite donc de la mission pour larguer ses bouées.

Photo : Radio-Canada/Chantal Srivastava

Au total, une douzaine de bouées seront lancées à la mer. Le dispositif est ingénieux. Les planches de bois sont lestées d'un poids et coiffées d'un émetteur qui permet de suivre leur parcours.

Comme prévu par les modèles, les bouées se dirigent vers la côte ouest de Terre-Neuve, laissant entrevoir ce qui pourrait survenir en cas d'un déversement d'hydrocarbures dans le golfe.

Photo : Radio-Canada/Chantal Srivastava

Sur le pont extérieur, marins et scientifiques s'affairent nuit et jour pour recueillir des échantillons d'eau et de sédiments, qui permettront de caractériser le secteur d'Old Harry. Pour ce faire, ils disposent d'un portique, d'une grue et d'un treuil capables de soulever jusqu'à 9 tonnes pour mettre leurs instruments à l'eau.

Ici, de grands filets sont déployés pour capturer le zooplancton, un aliment de prédilection pour les poissons. Étudier le zooplancton permet de connaître l'état de santé d'un écosystème marin.

Photo : Radio-Canada/Chantal Srivastava

Aux commandes de son microscope, la biologiste Gesche Winkler observe les spécimens capturés par le filet à zooplancton. Sur le pont principal du navire, les scientifiques disposent d'un laboratoire sec à l'abri des intempéries.

Photo : Radio-Canada/Chantal Srivastava

Maite Latorre est venue d'Argentine pour faire une maîtrise en océanographie à l'UQAR. La mission Old Harry lui permet de suivre une formation pratique en mer. Ici, elle filtre l'eau recueillie pour isoler des échantillons, qui seront analysés une fois de retour sur la terre ferme.

Sur la douzaine de scientifiques présents, plus de la moitié sont des étudiants. Ils sont Argentins, Canadiens, Français et Chinois.

Photo : Radio-Canada/Chantal Srivastava

Eloisa Gomez, Maite Latorre, Irene Schloss et Ariadna Nocera viennent d'Argentine. Irene Schloss est professeure agrégée à l'Institut des sciences de la mer de l'UQAR. Les trois autres femmes y étudient.

La filière argentine est très bien développée à l'UQAR. Le Coriolis II a même navigué jusqu'en Patagonie argentine pour une mission similaire dans le golfe de San Jorge, où l'exploitation pétrolière est déjà commencée.

Photo : Radio-Canada/Chantal Srivastava

Après quelques jours en mer, Pascal Bourgault a du sommeil à rattraper. Cet étudiant au baccalauréat en physique s'est assoupi dans le salon de l'équipage.

Sous son oreille, un timbre de scopolamine lui permet de mieux résister au mal de mer. Ces timbres sont très prisés lorsque la mer est agitée. Ils ont été très utilisés durant la mission Old Harry, tant par les marins que par les scientifiques.

Photo : Radio-Canada/Chantal Srivastava

C'est dans des cabines exiguës comme celles-ci que les membres d'équipage et les scientifiques peuvent se reposer. J'étais sur la couchette du haut. Et j'ai parfois eu l'impression que j'allais tomber à cause du tangage et du roulis! Même si j'étais à l'arrière du bateau, un secteur théoriquement plus stable.

Photo : Radio-Canada/Chantal Srivastava

Lors d'une mission comme celle-ci, la nourriture est une source de réconfort et une occasion de socialiser. Les repas sont servis à heure fixe, mais des portions prêtes à manger et des collations sont offertes à toute heure du jour et de la nuit.

Photo : Radio-Canada/Chantal Srivastava

C'est ici que le chef Tommy Chouinard prépare de quoi nous sustenter. Un vrai festin! Au menu, une variété de mets allant de jarrets d'agneau au jus de fruits frais, en passant par le chocolat maison noix-fleur de sel.

Un tour de force! Il faut dire que le travail en cuisine n'est pas de tout repos sur le Coriolis II. Parfois, les chaudrons doivent même être solidement fixés pour éviter qu'ils ne tombent de la cuisinière. Et c'est sans parler des jus de cuisson qui valsent régulièrement hors des récipients au gré des mouvements.

Photo : Daniel Bourgault

Maintenant que la mission est terminée, le travail d'analyse commence pour les scientifiques. Les données et les échantillons qu'ils ont amassés vont leur servir durant des années. Et ils souhaitent qu'on patiente un peu avant de forer les fonds marins du golfe, à la recherche d'hydrocarbures. Le temps qu'on puisse mieux connaître la vraie nature d'Old Harry, une région méconnue.

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