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La vie sur le chemin Roxham bouleversée par l'arrivée des demandeurs d’asile

L'arrivée massive des demandeurs d'asile sur le chemin Roxham a complètement bouleversé la vie de ses résidents : l'ampleur du va-et-vient incessant menace la sécurité des familles, selon une résidente.

Hélène Gravel habite l'avant-dernière maison avant la frontière avec les États-Unis, sur le désormais célèbre chemin Roxham.

En entrevue à Gravel le matin, elle explique que la vie sur cette petite route de campagne de 800 mètres, normalement très paisible, n'est plus la même depuis que les demandeurs d'asile, d'abord syriens, et maintenant haïtiens, ont commencé à l'emprunter pour entrer au Canada.

Pour faire face à leur arrivée massive, les autorités ont installé un point de contrôle temporaire au bout de la rue. Des tentes, des autobus et des toilettes chimiques font désormais partie du paysage. Il n’y a toutefois pas de lits ni de structures d’hébergement sur place, puisque les demandeurs d’asile sont rapidement redirigés vers Montréal.

Néanmoins, cette activité menace la sécurité de la quinzaine de familles qui vivent sur la rue, selon Mme Gravel.

La résidente indique que les installations liées au point de contrôle bloquent partiellement le bout de la rue, si bien que les véhicules de services (ambulances, pompiers, camions à ordures, etc.) ne peuvent plus y entrer qu'à reculons.

Des installations plus grosses

Des travaux ont débuté jeudi matin afin d'installer des tentes plus grosses et moins temporaires, mais qui doivent libérer l'accès au chemin Roxham, indique Mme Gravel.

Ces nouvelles installations pourront notamment être chauffées en vue de l'automne qui approche, et une roulotte de toilettes viendra remplacer les toilettes chimiques.

La résidente explique qu'un poste frontalier se dressait sur cette portion de la frontière jusqu'en 1976, lorsqu'il a été fermé et remplacé par un fossé.

Mme Gravel déplore qu'il n'y ait « aucune volonté politique » de modifier l'Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs, qui force les demandeurs d'asile à emprunter ce passage irrégulier plutôt que la frontière légale.

« En tant que citoyenne, j’ai eu un choc quand j’ai vu les installations au bout de la rue, parce que c’est quand même une entrée non pas illégale, mais irrégulière [...]. Je pense que ça devient aberrant d’obliger autant de gens à traverser dans un fossé », a-t-elle exprimé.

Elle précise également que les résidents ne voient jamais les demandeurs d'asile, qui sont rapidement transportés dans des autobus aux fenêtres sombres.

« Ces gens-là, c’est comme s’ils n’existent même pas pour nous; ce qui existe, c’est des camions, des VUS, des voitures, tout ce que vous voulez [...] la rue devient ridicule et dangereuse », dénonce Mme Gravel.

Le dérangement est tel que les citoyens de Saint-Bernard-de-Lacolle ont tenu une réunion lundi soir, à laquelle a pris part Mme Gravel. Cette dernière réclame le retrait des installations au bout de sa rue, et demande aux politiciens de trouver une façon différente d'orienter les demandeurs d'asile qui souhaitent entrer au Canada.

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