Retour

La ville martyre d'Alep maintenant privée d'eau courante

Après quatre ans d'une guerre marquée par son lot d'horreurs - raids aériens, largage de bombes barils, attaques d'hôpitaux - les centaines de milliers de résidents qui continuent de vivre à Alep doivent affronter une nouvelle calamité, prévient l'ONU : la ville n'a plus d'eau potable.

« Toute la ville est sans eau courante depuis quatre jours », indique le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) dans un communiqué publié mardi. « Les enfants et les familles à Alep sont confrontés à une situation catastrophique. »

« Si le pompage n'est pas rétabli dans les prochains jours, les civils seront contraints de s'approvisionner à des sources d'eau non fiables », ajoute l'agence onusienne, qui dit tenter de mettre en place une « réponse d'urgence » pour livrer de l'eau potable dans la ville martyre.

« L'ONU est extrêmement préoccupée par les conséquences dramatiques pour des millions de civils si les réseaux d'électricité et d'eau ne sont pas immédiatement remis en état », ont aussi déclaré Yacoub El Hillo, coordinateur humanitaire de l'ONU en Syrie, et Kevin Kennedy, coordinateur régional.

Selon les deux hommes, l'ONU « a au moins besoin d'un véritable cessez-le-feu ou de pauses humanitaires hebdomadaires de 48 heures pour avoir accès aux personnes dans le besoin [...] et pour réapprovisionner les stocks de nourriture et médicaments, qui sont à un niveau dangereusement bas ».

La situation actuelle découle des plus récents affrontements qui déchirent la ville, autrefois poumon économique du pays. Ses quartiers est sont contrôlés par les groupes rebelles tandis que ceux de l'ouest sont aux mains de l'armée syrienne et de ses supplétifs.

Le 31 juillet, les combats ont endommagé la station d'électricité qui alimente les pompes hydrauliques de la ville. Les autorités locales avaient réussi à installer une ligne électrique provisoire le 4 août, mais celle-ci n'a pas résisté plus de 24 h en raison de nouveaux affrontements.

Syrie : l'engrenage de la guerre

Plus tôt cet été, le régime syrien avait réussi à prendre le contrôle de la route du Castello, dernière voie de ravitaillement des quartiers entre les mains des rebelles à des zones rurales qu'ils contrôlent au nord-ouest, et à la frontière turque.

Samedi, les rebelles, y compris les combattants du Front Fatah Al-Cham, nouvelle dénomination du Front Al-Nosra depuis sa rupture annoncée avec Al-Qaïda, ont cependant réussi à briser leur encerclement par le sud-ouest, coupant du coup une importante voie de ravitaillement des quartiers aux mains du gouvernement. 

Selon l'ONU, entre 250 000 et 275 000 habitants vivent toujours dans les quartiers est d'Alep contre 1,5 million de résidents dans la partie contrôlée par le gouvernement.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine