La violence conjugale est en baisse au Canada. Il n'empêche que 760 000 Canadiens ont admis avoir subi des sévices physiques ou sexuels de la part de leur partenaire entre 2009 et 2014.

C'est ce que révèle l'Enquête sociale générale de Statistique Canada dont les résultats ont été rendus publics jeudi. Ce nombre représente 4 % des Canadiens en couple.

Signe encourageant : ce chiffre est près de deux fois moins élevé que 10 ans auparavant. Ainsi, en 2004, c'est 7 % des Canadiens en couple qui avaient affirmé être victimes de sévices.

La violence conjugale affecte autant les hommes que les femmes. Mais en ce qui concerne les formes les plus graves de violence - agression sexuelle, coups, étranglement et menace avec une arme - deux fois plus de femmes que d'hommes en sont victimes. Le tiers des femmes victimes de violence ont subi des sévices graves. Chez les hommes, cette proportion est de 16 %.

Au-delà des conséquences physiques, ces gestes ont également des effets psychologiques. Les victimes ont présenté des symptômes de stress post-traumatique dans 16 % des cas. Cette conséquence est plus présente chez les femmes ainsi que chez les victimes de violences récurrentes et de violence grave.

Si la proportion de Canadiens qui se disent victimes de violence conjugale est en baisse, ce n'est pas le cas chez les Autochtones. Une femme autochtone sur 10 avoue subir de la violence à l'intérieur de sa cellule familiale. C'est trois fois plus que chez les femmes non autochtones (3 %).

Malgré l'embellie générale, beaucoup de travail reste à faire, autant auprès des victimes que des agresseurs, préviennent les intervenants

« Le problème actuellement, c'est qu'on a des listes d'attente partout. Les coûts de la violence sont pourtant tellement élevés... Les coûts de santé, l'absentéisme [au travail], le système judiciaire... », fait remarquer Catherine Bolduc, travailleuse sociale à Option, un organisme montréalais oeuvrant auprès d'hommes et de femmes violents envers leur conjoint.

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