À une époque, de grands artistes du monde entier se rendaient au Studio de Morin-Heights, à quelques kilomètres au nord de Montréal, pour enregistrer leurs albums dans cet endroit mythique. À l'ère numérique, bien des choses ont changé dans l'industrie, les studios peuvent désormais être virtuels.

Un texte de Vincent Maisonneuve

Si le Studio n'existe plus, c'est encore vers Montréal que se tournent des milliers de créateurs. La quête du meilleur son possible se fait cependant d'une autre manière. 

La firme montréalaise Landr a conçu un studio de postproduction virtuel. Des artistes du monde entier utilisent ce logiciel pour mastériser et partager leur musique. Tout cela, pour une fraction du coût.

En musique, le mastering est l'étape finale, le moment où l'on donne à l'enregistrement une touche professionnelle.

Traditionnellement, ce travail était réalisé en studio avec un ingénieur de son. « Ça prend un environnement où le son est parfait, explique Pascal Pilon. Avec Landr, tu peux mastériser un enregistrement de partout. Si tu réalises un enregistrement sur la route, tu sais qu'en le passant dans Landr, tu vas avoir toutes les propriétés acoustiques d'un studio professionnel. Tu vas sonner de façon optimale. »

En moins d'une minute, Landr étudie les arrangements préparés par le musicien. Le système analyse le genre, le rythme et bien d'autres paramètres, pour finalement générer un son mieux équilibré et plus dynamique.

Et cela fonctionne avec toutes sortes d'enregistrement audio, souligne le président de la firme, Pascal Pilon.

Bien sûr, certains puristes estiment que rien ne peut battre le talent et l'oreille d'un humain. Le président de Landr, en faisant un parallèle avec la venue des caméras numériques qui, au départ, était snobée par certains professionnels, donne l'exemple de la mise au point automatique. « Au début, les professionnels ne l'utilisaient pas, mais aujourd'hui, il y a tellement de senseurs sur l'autofocus que ça fait un meilleur travail que l'humain. »

Un logiciel en plein essor

La boîte montréalaise a lancé son logiciel depuis à peine deux ans. Celui-ci est utilisé aujourd'hui par des centaines de milliers de personnes.

Pascal Pilon ajoute que Landr traite en ce moment, « plus de musique que tous les ingénieurs de son réunis en Amérique du Nord. C'est planétaire, on est dans plus de 200 pays ». Avec sa technologie, l'entreprise montréalaise attire l'attention de gros noms de l'industrie. Elle vient de signer un partenariat avec le géant Soundcloud, qui compte des millions d'utilisateurs.

La firme Warner Music investit également d'importantes sommes dans l'entreprise montréalaise. M. Pilon raconte que les gens de Warner ont voulu mettre Landr à l'épreuve. « Ils ont pris un de leurs groupes montants qui s'appelle Echosmith. Ils ont mastérisé plusieurs chansons en utilisant Landr. Le travail a également été fait par des ingénieurs du son. » Au moment de l'écoute, « le groupe a opté pour Landr dans 90 % des cas ».

Le président de Landr ajoute que « Bob Weir, du groupe Grateful Dead, a complètement revisité son catalogue et l'a mastérisé sur Landr ».

Autre exemple, il y a deux mois, le numéro un du Billboard Hip-Hop est un album qui a été complètement mastérisé par le logiciel montréalais. « Mais on a des clauses de confidentialité et on ne peut pas l'identifier », confie Pascal Pilon. Il explique que les artistes hésitent encore à déclarer qu'ils utilisent un tel logiciel.

Reste que la technologie de Landr fait de plus en plus d'adeptes.

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