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Le beau-frère de l'ex-président tunisien Ben Ali est introuvable

Les autorités canadiennes ont perdu la trace de Belhassen Trabelsi, le beau-frère de l'ex-président tunisien Ben Ali, qui devait être expulsé vers la Tunisie le 31 mai dernier, n'ayant pas réussi à obtenir le statut de réfugié au pays.

Arrivé avec femme et enfant en janvier 2011 à Montréal, ce baron de l'ancien régime Ben Ali avait perdu sa résidence permanente canadienne en 2012 et avait déposé immédiatement une demande d'asile, affirmant avoir peur pour sa vie en Tunisie.

Toutefois, cet argument n'avait pas convaincu les autorités canadiennes, qui avaient rejeté sa demande à deux reprises : en janvier 2015 et en avril 2016.

Ayant épuisé tous ses recours, M. Trabelsi devait être renvoyé vers son pays d'origine, mais de l'avis même de son avocat, il « n'est plus joignable ».

On ignore pour le moment si le fugitif fait l'objet d'un mandat de recherche et s'il était soumis à une surveillance étroite. Le ministère de la Sécurité publique invoque le respect de la vie privée pour justifier le refus de commenter cette affaire.

Un homme fort de l'ancien régime tunisien

Celui qui résidait jusqu'à tout récemment dans un appartement cossu de Montréal appartenait à l'ancien clan présidentiel tunisien, accusé d'être à l'origine d'importants détournements de fonds publics.

Frère de l'épouse de l'ex-président, Leïla Trabelsi, l'homme de 53 ans était omnipotent sous l'ère Ben Ali. « Il est réputé pour avoir été impliqué dans une corruption de grande ampleur, du remaniement de la Banque de Tunisie à l'expropriation de biens et l'extorsion de pots-de-vin », d'après des révélations de WikiLeaks.

D'après la même source, la famille Trabelsi possédait notamment une compagnie aérienne, des hôtels, une station de radio et une usine d'assemblage automobile.

Se présentant comme un citoyen tunisien ordinaire, M. Trabelsi était soupçonné de « crimes graves de droit commun » par la Commission de l'immigration et du statut de réfugié.

Avec des allégations de manipulation boursière, de détournement de fonds, d'extorsion, de corruption et de trafic de pièces archéologiques, le ministère de la Sécurité publique estime que pour des faits identiques au Canada, M. Trabelsi aurait été considéré comme agissant « au profit d'un organisme criminel ».

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