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Le bilan de l'attaque au gaz en Syrie porté à 100 morts

Des avions, appartenant vraisemblablement à l'armée syrienne, auraient mené mardi matin des attaques au gaz qui ont tué 100 personnes et en ont intoxiqué 400 autres, dans une ville tenue par les rebelles dans le nord-ouest de la Syrie, selon le dernier bilan fourni par l'Union des Organisations de Secours et Soins Médicaux (UOSSM).

L'attaque a visé Khan Cheikhoune, dans le sud de la province d'Idlib. Les personnes touchées ont été victimes d'intoxication, de suffocation ou d'évanouissement, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui ajoute que certaines présentaient de l'écume à la bouche. D'après des sources médicales, ces symptômes correspondent à une attaque à l'aide d'agents chimiques.

« À 17 h 15, le bilan des attaques chimiques est de 100 morts par suffocation et 400 victimes suite à plusieurs attaques chimiques massives au gaz toxique depuis ce matin dans le village de Khan Cheikhoune au sud de la région d'Idlib », indique l'organisation basée à Paris, dans un communiqué.

« Ce matin, à 6 h 30 locales, des avions militaires ont pris pour cible Khan Cheikhoune avec des gaz, qui seraient du sarin ou du chlore », a dit Mounzer Khalil, directeur des services de santé d'Idlib, lors d'une conférence de presse, en parlant d'hôpitaux débordés.

Il s'agirait, si elle est confirmée, de l'attaque chimique la plus meurtrière en Syrie depuis celle au gaz sarin qui a tué plusieurs centaines de civils dans la région de la Ghouta, près de Damas, en août 2013. Les pays occidentaux avaient tenu le régime syrien responsable de cette attaque, alors que Damas l'avait imputée aux rebelles.

De source militaire syrienne, on dément catégoriquement que l'armée de l'air du régime de Damas ait utilisé des armes chimiques. À Moscou, le ministère de la Défense a assuré qu'aucun avion russe n'avait mené de raid tout récemment dans la province d'Idlib.

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Ankara réclame une enquête de l'OIAC

« L'armée de l'air russe n'a mené aucun raid dans le secteur de Khan Cheikhoune, dans la province d'Idlib », a déclaré le ministère russe, cité par l'agence de presse RIA.

Des membres de la Commission d'enquête des Nations unies sur la Syrie ont déclaré qu'il était « impératif que les auteurs de telles attaques soient identifiés et rendent des comptes. » Le recours aux armes chimiques et le fait de viser délibérément des centres médicaux « équivalent à des crimes de guerre et à des graves violations des droits humains », ajoute cette commission indépendante, dirigée par le Brésilien Paulo Pinheiro.

À Paris, François Hollande a pointé la responsabilité « politique, stratégique et morale » des soutiens du régime de Bachar Al-Assad après cette attaque.

« Le président de la République dénonce avec indignation l’attaque aérienne à l’arme chimique perpétrée ce matin vers 7 h à Khan Cheikhoun, une ville du nord-ouest de la Syrie tenue par les rebelles », lit-on dans un communiqué de l'Élysée.

Par la voie de son ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, la France a demandé la convocation d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU après cette attaque.

« Une nouvelle attaque chimique particulièrement grave a ciblé, ce matin, la province d'Idlib. Les premières informations font état d'un très grand nombre de victimes, y compris des enfants », a déclaré Jean-Marc Ayrault en condamnant un « acte ignoble ».

L'Union européenne a estimé que le président syrien Bachar Al-Assad était le « premier responsable » de l'attaque de mardi.

Pour le secrétaire au Foreign Office, Boris Johnson, Assad sera coupable de crimes de guerre s'il s'avère que le régime est responsable de ces attaques à l'arme chimique.

Quant à la Turquie, dont la frontière jouxte la province d'Idlib, elle a condamné un « crime contre l'humanité » susceptible de faire échouer le processus de paix en cours à Astana, au Kazakhstan. Elle demande à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) d'ouvrir sans attendre une enquête sur les événements de Khan Cheikhoune.

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