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Le « Blue Monday » : science ou tactique de marketing?

C'est le troisième lundi de l'année. Vous sentez-vous particulièrement maussade?

Un texte de Natasha MacDonald-Dupuis

Le troisième lundi du mois est connu comme le Blue Monday, ou lundi de la déprime, soit le jour le plus déprimant de l'année. C'est aussi une théorie pseudo-scientifique maintes fois démystifiée utilisée par les grandes entreprises pour promouvoir leurs produits.

Mais en réalité, ce terme n’a rien de scientifique. Il a été inventé en 2006 par une agence de voyages britannique pour promouvoir des destinations soleil.

Sky Travel disait s’appuyer sur une « étude » du psychologue britannique Cliff Arnall de l’Université de Cardiff, qui expliquait le phénomène à l'aide d'une foule de facteurs, comme le mauvais temps, les dettes des Fêtes et le retour au travail.

Toutefois, l’Université a rapidement rétabli les faits : Cliff Arnall n’était pas chercheur, mais bien tuteur à temps partiel.

Et en 2010, le principal intéressé a lui-même admis que la formule était bidon.

Depuis, chaque année, des experts en santé mentale dénoncent la promotion du lundi de la déprime dans les médias.

Une occasion d’affaires

Le canular vieux de plus de 15 ans est néanmoins devenu une occasion d’affaires pour les entreprises du monde entier.

D’ailleurs, à Toronto, la compagnie Sunwing a créé une petite plage sur roues qui circule dans les rues du centre-ville toute la journée. Le public peut y embarquer à sa guise, manger des tacos gratuits, et se reposer dans des hamacs.

Un fondement de vérité

Comme plusieurs mythes, celui-ci a tout de même un fondement de vérité. La dépression saisonnière est un réel problème, mais pas seulement lors du troisième lundi de l’année.

« Cela peut sembler une pseudo-science amusante, mais cela peut avoir une grande influence sur notre subconscient », explique Donna Ferguson, psychologue au Centre de toxicomanie et de santé mentale de Toronto (CAMH).

« Cela peut devenir une prophétie autoréalisatrice. Si les gens sentent qu'ils ont déjà échoué en délaissant leurs résolutions, ils peuvent devenir anxieux, et s’ils croient en plus au Blue Monday, ça peut mener à la dépression ».

Selon la mentor personnelle Gabriela Casineanu, il est tout à fait normal de ressentir les effets de la dépression saisonnière. « Ça fait partie du cycle de la vie, c’est un sentiment temporaire », dit-elle.

Elle conseille notamment la méditation. « Des études affirment que méditer 20 minutes par jour, c’est l’équivalent de 2 heures de sommeil. Ça peut aider à se recentrer et à réduire le stress ».

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