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Le « bordel informatique » persiste au gouvernement du Québec

Radio-Canada a appris que l'ensemble de l'administration publique québécoise peine à réduire le nombre de consultants privés pour ses contrats informatiques. Le nombre de postes vacants en informatique est passé de 488 en 2015 à 707 en 2016, selon les données du Conseil du Trésor.

Un texte de Véronique Prince, correspondante parlementaire à Québec

Sur les portails d’emplois gouvernementaux, des appels de candidatures en technologies de l’information demeurent sans réponse. Des postes sont affichés depuis des mois, voire depuis presque deux ans. Impossible de trouver un candidat. Les salaires n’égalent pas ceux du privé, nous confient des sources au sein de la fonction publique.

Après avoir colligé des données, le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) déplore que la moitié des informaticiens du ministère des Transports provienne encore de firmes privées. Même chose pour le ministère de l’Immigration. La RAMQ et le Centre des services partagés du Québec feraient toujours appel à plus de 300 consultants externes chacun.

Depuis que Martin Coiteux, l’ancien président du Conseil du Trésor, a annoncé en 2015 qu’il voulait réduire considérablement le recours aux ressources externes en informatique, Radio-Canada a appris que les ministères et les organismes ont augmenté leur expertise de seulement 5 %.

Un échec, selon le député Éric Caire, de la Coalition avenir Québec. « On a diminué le nombre de consultants qu’on payait présentement, parce qu’on a stoppé des projets informatiques. Ça ne s’appelle pas réduire sa dépendance. Ça s’appelle réduire ses effectifs temporairement ».

Des progrès importants, selon Poëti

Le nouveau ministre responsable du dossier, Robert Poëti, prétend que le gouvernement a fait des progrès importants dans les dernières semaines.

Selon les chiffres récents qu’il détient et qui n’ont pas encore été rendus publics, on compterait au moins 850 nouvelles embauches depuis deux ans.

« Une augmentation de 5 %, ça m’apparaît un pas dans la bonne direction et on va continuer dans ce sens-là. Pour ce qui est du nombre de postes vacants, je pense que c’est à évaluer. Le projet de loi 135 va me donner cette réponse-là », affirme-t-il.

Malgré la promesse de son prédécesseur de renforcer l’expertise interne en informatique, Robert Poëti doit se doter d’une nouvelle stratégie pour atteindre les objectifs.

Le projet de loi 135 sur la gouvernance des ressources informationnelles lui permettra enfin de connaître les besoins réels en la matière, ce que l’administration publique ne semble pas être en mesure de lui fournir en ce moment.

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