Comme promis, les PME reçoivent cette année la part du lion dans le budget Leitao qui consent aux entreprises québécoises un allégement fiscal de 2,2 milliards de dollars sur cinq ans assorti d'une stratégie de 810 millions de dollars pour le développement de la main d'œuvre.

Un texte de Stéphane Bordeleau

Ces mesures étaient attendues et réclamées depuis longtemps par les entrepreneurs québécois qui font face à une concurrence accrue des entreprises étrangères et à des pénuries de main-d’œuvre qui nuisent à leur compétitivité.

Or, dans le plan d’allégement fiscal qu’il a présenté mardi, le ministre Leitao consacre 2,2 milliards de dollars sur cinq ans pour stimuler les petites et moyennes entreprises.

Réduction des cotisations au Fonds des services de santé

La mesure consiste dans un premier temps à réduire la taxe sur la masse salariale de 1,2 milliard de dollars d’ici 2022-2023 en réduisant le taux de cotisation des entreprises au Fonds des services de santé (FSS).

À terme, estime le ministère des Finances, les entreprises dont la masse salariale dépasse 1 million de dollars bénéficieront d’une baisse de 55 % de leur contribution au FSS par rapport à 2014 dans les secteurs primaire et manufacturier. La baisse de contribution atteindra quant à elle 40 % dans les secteurs de la construction et des services.

Des réductions d’impôt en plus

Dans un deuxième temps, Québec annonce une réduction graduelle sur cinq ans de 8 % à 4 % de l’impôt sur le revenu des entreprises des secteurs des services et de la construction afin qu’elles bénéficient à terme des mêmes taux d’imposition que les PME des secteurs primaire et manufacturier. Cette mesure coûtera un milliard de dollars sur cinq ans au gouvernement.

Les PME ravies

Ce train de mesures destinées à la santé et le développement des entreprises a été accueilli, il va sans dire, comme une bouffée d’air frais par les organismes qui représentent les PME.

« C’est une belle journée pour les PME aujourd’hui. Des baisses d’impôt de 2,2 milliards de dollars à terme sur cinq ans ça représente des économies d’environ 600 millions par année pour les PME. On est très content », a déclaré Martine Hébert, vice-présidente principale à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

Pénurie de main-d’œuvre

En ce qui a trait aux pénuries de travailleurs qualifiées qui freinent la croissance des entreprises québécoises et de l’économie en général, le gouvernement Couillard compte lancer au cours des prochaines semaines une stratégie de 810 millions de dollars sur cinq ans pour « répondre aux défis du travail ».

Selon Québec, ces sommes doivent servir à consacrer davantage de ressources à la formation de la main-d’œuvre et surtout, à l’adapter aux besoins actuels et futurs du marché du travail.

Plus de place aux immigrants

Des ressources « importantes » seront aussi consacrées à l’intégration des immigrants au marché du travail, promet le ministre Leitao, qui souligne du même souffle le rôle crucial que jouent l’immigration dans le développement et la croissance de l’emploi au Québec.

« La main-d’œuvre, c’est un problème majeur pour les PME du Québec dans plusieurs secteurs d’activité », confirme Mme Hébert qui souligne par ailleurs les efforts entrepris dans ce budget pour mieux arrimer la formation des immigrants aux besoins des entreprises ainsi que des mesures pour encourager les travailleurs d’expérience à rester plus longtemps sur le marché du travail.

Une ombre au tableau

La seule ombre au tableau, selon Martine Hébert, est que le gouvernement Couillard a décidé d’emboîter le pas au gouvernement fédéral en ce qui a trait aux ajustements fiscaux opérés par le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, pour limiter la répartition des revenus d’entreprise entre les membres d’une famille.

Cette réforme proposée par le gouvernement Trudeau vise à mettre fin aux dispositions fiscales qui permettent de fractionner entre plusieurs membres d’une famille les revenus de l'entreprise familiale.

Selon Ottawa, cette disposition a permis à de riches individus de se constituer en société en tant que petites entreprises afin de réduire injustement leur facture d'impôt.

La mesure a cependant provoqué une réaction hostile de nombreux propriétaires de PME ainsi que de la de médecins, d'avocats, de comptables, de commerçants et d'agriculteurs selon qui ces réformes nuiront en fin de compte aux citoyens de la classe moyenne alors que la mesure vise surtout les plus fortunés.

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