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Le budget Leitao ne calme pas la grogne des parents, des syndicats et de la CSDM

Des représentants de groupes de parents et de commissions scolaires accueillent froidement les annonces relatives à l'éducation contenues dans le budget présenté cette semaine par Carlos Leitao. Le ministre québécois des Finances a prévu une hausse de 3 % du budget des ministères de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.

Mais, bien que le gouvernement de Philippe Couillard dise faire de l'éducation sa priorité, les mesures adoptées dans ce budget paraissent nettement insuffisantes aux yeux de la présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Catherine Harel-Bourdon. « On sent que le gouvernement fait un pas dans la bonne voie, mais on ne sent pas que c'est la priorité des priorités », dit-elle.

Le gouvernement a prévu 700 millions de dollars sur trois ans pour rénover les écoles vétustes de la province, dont 200 millions qui seront injectés dès cette année. Or, pour la présidente de la CSDM, ces sommes ne pourront faire en sorte qu'on procède aux rénovations urgentes.

Mme Harel-Bourdon évalue à quelque 16 millions de dollars ce qu'il en coûte pour entreprendre des rénovations majeures à un établissement scolaire. « Avec 200 millions pour l'ensemble du Québec, là, c'est environ une dizaine ou une douzaine de projets dans l'ensemble du Québec de reconstruction totale », dit-elle.

Le mouvement « Je protège mon école publique » est mécontent

La porte-parole du regroupement « Je protège mon école publique », Pascale Grignon, se montre critique, elle aussi, des choix faits par le gouvernement en matière d'éducation. « Là, on a à peine investi, de façon à maintenir une situation intenable dans les écoles », affirme-t-elle.

Mme Grignon pense que le gouvernement fait fausse route en s'efforçant de réduire la dette de la province plutôt que d'investir en éducation.

Un coup de pouce aux services aux élèves

Par ailleurs, le budget du gouvernement prévoit 500 millions de dollars sur trois ans pour accroître les services aux élèves.

Mais la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) est sceptique, comme l'explique sa présidente, Louise Chabot : « On ne peut pas parler d'investissement. On est juste venus remettre un budget de façon à ne pas ajouter de nouvelles compressions. Et encore, ça reste à voir ».

Par voie de communiqué, la CSQ fait valoir que les 3 % d'augmentation des budgets en éducation suffisent à peine à couvrir les coûts du système. « C'est nettement insuffisant pour corriger les dommages causés par les compressions des dernières années », dit la centrale.

La CSQ salue malgré tout le fait la croissance des budgets à 3 % permettra d'éviter de nouvelles compressions au niveau collégial.

Mais, du côté des universités, « la hausse des budgets à 1,7 %, en 2016-2017, ne répondra pas aux besoins du réseau », estime la CSQ.

Enfin, la CSQ s'inquiète des torts causés au réseau de la petite enfance, qui équivalent, selon elle, à un « saccage ». Louise Chabot dit qu'en annonçant aux parents de tout-petits qu'il diminuait de moitié la contribution additionnelle pour un deuxième enfant, le gouvernement reconnaissait « son erreur » d'avoir autant haussé les tarifs dans un premier temps.

Avec les informations de Laurent Therrien

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