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Le Cabinet de Doug Ford suspend une mesure pour signaler les vaccinations

Une mesure qui aurait fait en sorte que les médecins et les infirmières rapportent tous les vaccins qu'ils administrent aux enfants et qui devait entrer en vigueur le 1er juillet a été suspendue par le nouveau gouvernement ontarien.

Ce changement à la Loi sur l’immunisation des élèves signifiait que les médecins et les infirmières devaient informer leur bureau de santé publique à chaque fois qu’ils vaccinaient un enfant.

Le gouvernement précédent de Kathleen Wynne affirmait que la réforme rendrait les choses plus faciles pour les parents et réduirait le nombre de suspensions inutiles [des écoles] dues aux carnets de vaccination qui ne sont pas à jour.

Après des plaintes d'un groupe qui représente des médecins, le Cabinet du premier ministre Doug Ford a suspendu ces changements lors d'une réunion deux jours avant le 1er juillet, date à laquelle ils devaient entrer en vigueur.

« L’Ontario Medical Association (OMA) a soulevé des inquiétudes quant au calendrier actuel d'intégration des dossiers de vaccination avec d’autres partenaires de soins de santé », a dit Simon Jefferies, le porte-parole de Doug Ford, dans un communiqué vendredi.

Cette suspension n’a pas été officiellement annoncée par le gouvernement Ford, mais a été rendue publique vendredi lorsque les décrets de la première réunion du Cabinet ont été publiés sur le site internet du gouvernement.

D’autres décisions ont aussi été prises lors de cette rencontre comme la nomination d’un conseiller spécial à un salaire annuel de 348 000 $, l’annulation de la mise en place d'un plafond sur les prix de revente des billets de spectacle et la suspension des réformes sur la surveillance policière.

Ce n’était pas faisable

La suspension des règles concernant la vaccination a été bien accueillie par la présidente de l’OMA, la Dre Nadia Alam.

Ce n’était pas faisable, d’un point de vue pratique, a-t-elle dit en entrevue vendredi. Nous n’aurions pas pu faire ce que la Loi demandait.

Des parents en Ontario ont exprimé des frustrations depuis longtemps sur le fait de recevoir des lettres menaçant de suspendre leur enfant de l’école pour ne pas avoir de carnet de vaccination à jour, même s'il avait été vacciné.

La vérificatrice générale de l’Ontario a aussi critiqué le ministère de la Santé pour ne pas avoir correctement fait le suivi des vaccinations et pour des dépassements de coûts dans le développement d’une base de données provinciale des vaccinations.

Le système de déclaration des vaccinations implique beaucoup de répétitions, a dit la Dre Alam. Elle a expliqué qu’elle enregistre les vaccins administrés dans son propre ordinateur, facture la province par voie électronique pour chaque vaccin et fournit des copies aux parents, qui ensuite les fournissent aux conseils scolaires et aux bureaux de santé publique.

Pour chaque heure que je passe à remplir les documents qui ne sont pas nécessaires, c’est une heure que j’aurais pu passer à m’occuper des patients, a-t-elle dit.

Elle a ajouté qu’il est crucial que la province trouve une façon simple de relier les dossiers d'immunisation électroniques des médecins avec les bureaux de santé publique.

Nous appuyons fortement l’idée que les fournisseurs de soins de santé fassent des signalements directs, a quant à elle affirmé l’hygiéniste en chef de Toronto, Dre Eileen de Villa, en entrevue vendredi. Ça donne la version la plus exacte du dossier de vaccination et c’est franchement plus facile pour les parents et les enfants.

Elle n'a toutefois pas critiqué la décision du gouvernement Ford de mettre cette mesure en suspens.

Elle croit qu’il faut d'abord la mise en place d'un système simple pour transférer électroniquement les dossiers d’immunisation des médecins et des infirmières à une base de données de la santé publique.

La Santé publique de Toronto avait appuyé la proposition lorsqu’elle avait été présentée à Queen’s Park l’année dernière.

Cela permettrait que des données sur l’immunisation soient disponibles rapidement aux bureaux de santé publique, ce qui est crucial pour le contrôle des éclosions de ces maladies, avait écrit la Dre Barbara Yaffe, la directrice du contrôle des maladies transmissibles de la Ville deToronto, dans une note au comité qui se penchait sur le projet de loi.

Des solutions intérimaires comme de faxer les dossiers d’immunisation directement à la santé publique ou d'utiliser des outils internet pour rapporter les vaccinations entraineront une augmentation de la charge de travail des fournisseurs de soins de santé et des bureaux de santé publique, avait-elle ajouté.

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