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Le cadre financier libéral se fait attendre, celui du NPD s'en vient

Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, avait une autre somme pour la formation professionnelle à ajouter à ses promesses électorales mardi. Mais pour le cadre financier global de sa plateforme électorale, il faudra attendre.

De passage dans la « Silicon Valley du Nord », à Waterloo, en Ontario, M. Trudeau a martelé qu'il avait présenté le coût de chacun de ses engagements électoraux tout au long de la campagne, affirmant que son adversaire néo-démocrate ne pouvait en dire autant.

« Nous, au Parti libéral, ça fait depuis le début qu'on a établi quelles seront nos dépenses, quelle sera la source des investissements que nous allons faire et, chaque fois qu'on fait une promesse, un engagement comme ce matin, on démontre très clairement d'où l'argent va venir et comment on va l'investir dans les années à venir », s'est défendu M. Trudeau.

« Mais les Canadiens peuvent être rassurés que nous continuerons de démontrer tous les jours où nous allons prendre l'argent pour nos engagements, et où et comment nous allons le dépenser », a-t-il ajouté.

Justin Trudeau a de nouveau reproché au chef du NPD d'avoir promis d'équilibrer le budget dès la première année d'un éventuel mandat, contrairement aux libéraux. « Les questions que les gens posent sur [Thomas] Mulcair et ses promesses, c'est parce qu'il a fait un choix irresponsable d'équilibrer le budget immédiatement, tout en promettant de dépenser des milliards de dollars. Ça ne tient pas la route, donc les gens ont tout à fait raison de poser ces questions-là à M. Mulcair », a lancé le chef libéral.

Pour ce qui est de Stephen Harper, le chef libéral a rappelé que des données du ministère des Finances montraient qu'un milliard de dollars devant aller aux anciens combattants n'avaient pas été dépensés de 2007 à 2013, de même qu'une somme équivalente destinée aux Autochtones.

Faisant référence au surplus annoncé lundi pour l'année 2014-2015, Justin Trudeau a accusé les conservateurs de l'avoir fabriqué avec ces choix budgétaires.

« La réalité, c'est que M. Harper continue de promettre des coupures pour pouvoir équilibrer son budget sur papier à temps pour les élections, plutôt que d'aider les Canadiens et créer la croissance économique nécessaire pour avoir un avenir prospère », a dit le chef libéral.

Selon une vérification effectuée par CBC, les crédits budgétaires non utilisés ont totalisé 8,7 milliards de dollars l'an dernier. On ne saura pas quel ministère est concerné avant le scrutin du 19 octobre. Ce montant représente environ 4 % du budget fédéral, ce qui est conforme aux pratiques des gouvernements passés, selon CBC. Cette proportion est en baisse depuis 2010-2011.

Mulcair prêt à présenter ses chiffres

Thomas Mulcair s'est pour sa part engagé à publier son cadre financier d'ici le débat de jeudi soir, organisé par le quotidien The Globe and Mail, qui portera sur les enjeux économiques. En point de presse, mardi, il a dit avoir « très hâte » que les électeurs aient accès à ces informations.

Interrogé sur l'importance de clarifier les coûts de sa plateforme pour sa propre campagne, M. Mulcair a répondu en mettant l'accent sur le bilan des gouvernements néo-démocrates dans l'histoire canadienne, de même que son parcours personnel.

« J'ai 35 ans d'expérience en administration publique, a-t-il vanté en point de presse à Lethbridge, en Alberta. J'ai un très bon bilan, une feuille de route que les gens peuvent regarder, que ce soit comme président de l'Office des professions ou comme ministre. »

« J'ai toujours été très prudent », a-t-il ajouté en rappelant son passage au ministère québécois de l'Environnement. « Nous comprenons, au NPD, que le gouvernement est là pour faire du bien à notre société. »

« L'approche de Justin Trudeau, c'est de dépenser des dizaines de milliards de dollars par année sur le dos des générations futures et de les laisser avec cette dette économique, en plus de la dette sociale et écologique qu'une série de gouvernements conservateurs et libéraux ont laissée à la prochaine génération. Ce n'est pas notre tasse de thé », a lancé M. Mulcair.

Les Canadiens savent ce qu'ils veulent, selon Harper

Le chef du Parti conservateur a de nouveau rejeté les critiques de ses adversaires au sujet de son approche économique, affirmant qu'il est à l'écoute des Canadiens. Il en a profité notamment pour lancer une autre attaque à l'endroit du gouvernement albertain de Rachel Notley.

« Je me rendrai plus tard aujourd'hui en Alberta, où il y a une récession. Nous savons pourquoi il y a une récession, ce n'est pas parce que le gouvernement a présenté un surplus de 2 milliards. Il y a une récession parce que le prix du pétrole a chuté de moitié, et la récession a empiré parce que le gouvernement néo-démocrate est arrivé et a augmenté les taxes et impôts de tout le monde », a asséné Stephen Harper.

Le premier ministre sortant a aussi estimé que son adversaire libéral ne comprenait pas la situation actuelle. « Qui, dans le monde, outre Justin Trudeau et les libéraux, pense qu'un surplus de 2 milliards au Canada pourrait provoquer une chute mondiale des prix du pétrole? Sérieusement! », s'est-il exclamé, provoquant des rires parmi les partisans conservateurs présents. « Ils pensent que, dans ces circonstances, plonger le pays dans un déficit pour des années à venir serait une bonne chose », a-t-il ajouté.

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