Retour

Le Canada et le Mexique serrent les rangs vis-à-vis Trump

Le Canada et le Mexique souhaitent présenter un front uni vis-à-vis l'administration Trump, en vue des renégociations de l'Accord de libre-échange nord-américain souhaitées par le président américain.

Un texte de Christian Noël

La ministre des Affaires étrangères du Canada Chrystia Freeland a indiqué qu’elle n’avait pas l’intention d’abandonner le Mexique pour ne se concentrer que sur les intérêts canadiens. Son homologue mexicain Luis Videgaray a ajouté que les négociations commerciales au sujet de l’ALENA se feront « à trois, et chacun des pays en sortira gagnant ».

Chrystia Freeland et Luis Videgaray ont fait ces commentaires en marge de leur première rencontre bilatérale ce matin à Toronto.

De son côté, l’ex-premier ministre conservateur Brian Mulroney a souligné qu’il ne croyait pas que le Canada allait sacrifier le Mexique (« Throw Mexico under the bus ») afin d’avancer ses positions, parce que ça irait à l’encontre des intérêts des Canadiens.

Face à Trump

Donald Trump, au côté du premier ministre Justin Trudeau la semaine dernière, promettait de n’apporter que des « changements mineurs » à l’ALENA, en ce qui a trait au Canada, alors que pour le Mexique « c’est une tout autre histoire », disait-il.

Mais si Donald Trump espérait diviser pour mieux régner avec ces commentaires, force est de constater que ses voisins du nord et du sud des États-Unis ont décidé de s’allier.

Le Canada et le Mexique sont des partenaires commerciaux importants. « Des échanges de 30 milliards de dollars par année, avec des investissements canadiens importants dans le secteur bancaire, énergétique et manufacturier », note Luis Videgaray

Nous avons une relation très proche, très cordiale avec le Mexique. Nos discussions aujourd’hui seront une opportunité d’approfondir encore nos relations bilatérales avec le Mexique.

Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères du Canada

« Restez calme »

Les deux ministres mettent en garde les gens d’affaires et le public de « rester calme ». « Les négociations concernant l’ALENA ne sont pas encore entamées, mentionne Mme Freeland, puisque les Secrétaires d’États du Commerce et des Affaires Étangères n’ont pas encore été confirmés dans leur position par le Congrès américain. »

« Le protectionnisme, c’est s’enfermer soi-même dans une pièce sans lumière, ajoute pour sa part le ministre mexicain de l’Économie, Idelfonso Guajardo. Le Canada et le Mexique veulent garder la lumière allumée, a-t-il ajouté. Nous ne voulons pas envoyer le signal que la région des Amériques retourne à l’ère protectionniste des années ‘70. »

Plus d'articles