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Le Canada impose discrètement de nouvelles sanctions à la Russie

Ottawa impose de nouvelles sanctions à des politiciens russes en lien avec la crise en Ukraine. L'annonce s'est faite plutôt discrètement, en comparaison avec celles du précédent gouvernement de Stephen Harper. Selon le Kremlin, cette décision va entraver la reprise du dialogue entre les deux pays.

Le gouvernement du Canada a annoncé de nouvelles sanctions contre 15 personnes, dont 6 députés de la Douma, la Chambre basse du Parlement russe. Élus en septembre, ils proviennent de la Crimée. Ottawa ne reconnaît pas ces élections tenues dans la « péninsule occupée » et continue de dénoncer « l'annexion illégale » de cette région par les Russes.

L'annonce faite dans un communiqué daté du 28 novembre est passée plutôt inaperçue au Canada et n'a fait l'objet d'aucune déclaration publique de la part du ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion.

Le Canada impose aux personnes figurant sur la liste un gel des avoirs et une interdiction des transactions. Une façon pour le Canada de « maintenir la pression nécessaire sur la Russie jusqu'à ce qu'elle satisfasse pleinement à ses obligations internationales à l'égard de l'Ukraine ».

Les sanctions supplémentaires [...] témoignent de l'engagement indéfectible du Canada à l'égard de la souveraineté de l'Ukraine.

Stéphane Dion ministre canadien des Affaires étrangères

Une annonce discrète

Le gouvernement libéral a agi très discrètement, constate Dominique Arel, professeur et titulaire de la Chaire en études ukrainiennes à l'Université d'Ottawa. Une telle annonce ne serait pas passée sous le tapis pendant l'ère Harper parce qu'il était beaucoup plus « expansif sur tout ce qui touchait la Russie ».

Le professeur croit que le Canada, à l'instar des États-Unis et de l'Europe, veut maintenir une politique ferme sur la question de l'Ukraine, mais veut changer le ton et la manière d'entretenir des relations avec la Russie.

Encore cet été, les libéraux étaient bien décidés à se réengager avec la Russie. C'est ce que montrent des documents obtenus par Radio-Canada en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Dans une note préparée pour le ministre des Affaires étrangères en prévision de la rencontre avec son homologue russe en juillet, on peut lire : « Bilatéralement ou multilatéralement, le Canada est prêt à s'engager à tous les niveaux pour faire avancer nos intérêts mutuels. »

On peut aussi y lire que le gouvernement canadien voulait collaborer davantage sur l'Arctique, la sécurité mondiale et des questions consulaires.

« Irresponsable », selon la Russie

Les nouvelles sanctions ne sont pas passées inaperçues en Russie, où le Kremlin a vite réagi. Une porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a affirmé que « ces actions d'Ottawa ne font qu'entraver une possible normalisation de la coopération bilatérale, y compris aux Nations unies, où le Canada tente d'obtenir un siège temporaire au Conseil de sécurité ».

Ces actions jettent un doute sur la sincérité du gouvernement canadien dans ses intentions d'établir un dialogue avec la Russie.

Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères

Dans son communiqué, Mme Zakharova a précisé que les nouvelles sanctions canadiennes ne vont pas demeurer sans réponse.

Le professeur Arel ne semble pas s'inquiéter outre mesure de cette réaction. Il rappelle que la Russie cherche désespérément des investissements de l'Occident et que la relation bilatérale avec le Canada demeure importante.

Le NPD demande plus

Le Nouveau Parti démocratique pense que la liste de personnes visées par le Canada devrait être encore plus longue. La porte-parole en matière d'affaires étrangères, Hélène Laverdière, souligne que des hommes d'affaires russes proches de Vladimir Poutine, ayant des liens d'affaires avec le Canada, ne font toujours pas l'objet de sanctions, alors que c'est le cas aux États-Unis.

Les néo-démocrates ont cité par le passé l'exemple de Vladimir Yakunin, à la tête de Russian Railways, et d'Igor Sechin, qui a des liens avec le secteur pétrolier en Alberta.

Des sanctions n'ont pas été imposées sous les conservateurs et sous les libéraux, le problème persiste, fait remarquer Mme Laverdière.

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