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Le Canada « n'est pas la terre promise », dit un conseiller new-yorkais aux migrants haïtiens

Un leader de la communauté haïtienne des États-Unis repart chez lui, après une brève visite au Québec, avec l'intention de corriger l'impression, très répandue chez lui, que les frontières du Canada sont grandes ouvertes. Un objectif qui rejoint celui du gouvernement de Justin Trudeau, comme l'a indiqué lundi le ministre Marc Garneau.

Le Dr Mathieu Eugène, un conseiller municipal de New York, a convenu en conférence de presse mardi, à Montréal, que de nombreux Haïtiens établis aux États-Unis « sont convaincus que les portes sont ouvertes et qu'il y a de l'espoir, qu’ils vont rester ici, au Canada » après avoir franchi illégalement la frontière.

Ils reçoivent des appels de parents et amis au Canada qui leur disent avoir reçu un bon accueil, a-t-il expliqué. Ces « rumeurs » circulent aussi abondamment sur Internet, a-t-il souligné.

Or, pour être reconnus comme réfugiés, les demandeurs d'asile doivent prouver qu'ils courent un risque s'ils retournent dans leur pays d'origine. Les milliers de personnes qui ont traversé clandestinement la frontière depuis quelques semaines ne pourront donc pas toutes rester au pays.

Les 13 consulats du Canada aux États-Unis ont entrepris de s'adresser à différentes communautés afin d'expliquer le système d'immigration canadien à ceux qui seraient tentés de traverser la frontière à pied.

Pour sa part, le Dr Eugène compte tenir une conférence de presse sous peu à New York pour remettre les pendules à l’heure.

Le conseiller new-yorkais était en visite à Montréal mardi pour en apprendre davantage sur la situation des nombreux demandeurs d'asile haïtiens qui sont hébergés temporairement dans la métropole.

Le Dr Eugène a souligné que plusieurs Haïtiens établis aux États-Unis ont été préoccupés par une lettre envoyée par le gouvernement américain les informant qu'ils devraient se préparer à retourner en Haïti après l'expiration d'un statut de protection temporaire (TPS), dont la fin est prévue en janvier prochain.

Mathieu Eugène a assuré qu'il travaillerait d'arrache-pied pour que l'administration de Donald Trump prolonge une fois de plus de18 mois le TPS accordé aux Haïtiens depuis le tremblement de terre dévastateur de 2010.

« Essayez de vous mettre à leur place, a-t-il ajouté. Ce sont des êtres humains. Ils essaient de survivre. Ils veulent que leur famille s'en sorte. »

Inquiétude sur les conditions des ressortissants

La Maison d'Haïti a d'ailleurs fait part de ses inquiétudes sur les conditions dans lesquelles sont hébergés les demandeurs d'asile.

« On reçoit relativement bien les Haïtiens en leur donnant de la nourriture, etc. Mais on se demande s'il n'y aurait pas lieu de faire mieux », a déclaré Chantal Ismé, vice-présidente de la Maison d'Haïti.

« Quand on pense que la plupart de ces personnes qui sont sous les tentes ont fui des conditions de vie sous des tentes après le séisme. On peut se poser la question : est-ce que ça ne risque pas de réveiller des traumatismes? »

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