TORONTO - Le Canada a marqué deux fois en 129 secondes à la fin de la troisième période pour gagner la Coupe du monde de hockey. Cette victoire de 2-1 contre l'Europe, qui avait dominé le match, était la 2e nécessaire pour mettre la main sur le fameux trophée.

Un texte de Jean-Patrick Balleux

« Vous devez être contents, a lancé à la blague l'entraîneur Mike Babcock aux journalistes. Vous n'aurez pas à venir travailler ici demain. J'ai un autre emploi, vous savez!? »

Dans cette fin de match complètement folle, Patrice Bergeron a fait dévier un tir de Brent Burns. Puis, avec 44 secondes au match, Brad Marchand a complété une mise en scène orchestrée par Jonathan Toews en avantage numérique pour sceller le gain.

Sidney Crosby, qui pilotait ce trio et qui a reçu le titre de joueur par excellence du tournoi, a refusé de dire, avec un sourire complice, si le but de Marchand était plus beau ou plus important que son filet qui avait permis au Canada de remporter la médaille d'or aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010.

Le Canada signe ainsi une 16e victoire de suite à un tournoi majeur depuis les Jeux de 2010. Carey Price a réalisé 31 arrêts devant le filet canadien. Les doutes quant à son état de santé au début du tournoi, sont dissipés. Jaroslav Halak a, lui, repoussé 27 rondelles. Statistique peu enviable, le Canada a été devancé au chapitre des tirs au but 32-28.

Domination européenne

L'équipe canadienne s'attendait à ce que les Européens frappent fort lors du deuxième match de la finale. Avec son deuxième but du tournoi, et un peu d'aide du poteau de Price, Zdeno Chara avait donné l'avance rapidement aux siens 1-0. C'est donc dire que les trois buts du match ont été marqués par des joueurs des Bruins de Boston...

Andrej Sekera a fourni au Slovaque la passe parfaite. Son lancer a touché le coin intérieur du poteau gauche de Price à 6 min 26 s de la première période. Frans Nieisen a également inscrit son nom sur la feuille de pointage comme complice.

À la surprise générale, et sans doute celle de Mike Babcock, les Européens ont multiplié les approches. Tobias Reider (avec Matt Duchene dans les patins) et Marian Hossa, directeur artistique d'un deux contre un avorté, ont rencontré un Price très en forme.

Les Canadiens ont joué sur les talons une bonne partie de la rencontre, multipliant les mauvaises passes et des sorties de zone pénibles. L'entraîneur Ralph Krueger avait promis une équipe améliorée de match en match, et il a tenu son pari. Les trois dernières minutes auront été de trop pour ses hommes.

C'était toujours 1-0 Europe après deux périodes de jeu. La dernière fois que le Canada avait été blanchi après 40 minutes de jeu remontait aux Jeux de Turin en 2006.

« On est resté calmes sur le banc. On savait qu'on était à un lancer d'égaliser et de se donner de très bonnes chances de gagner », a expliqué Bergeron après la victoire. L'attaquant croit que c'est l'expérience dans des situations semblables (ndlr: comprenez désespérées) qui a permis à ses coéquipiers de ne pas paniquer et de garder la confiance pour marquer le but nécessaire.

« C'est spécial de gagner une Coupe du monde de cette façon-là. Ce soir était le test ultime pour notre équipe, a dit Jonathan Toews.

« Ils semblaient vraiment connaître notre jeu, ils ont fait de leur mieux pour nous frustrer et nous donner aucun espace. Ce n'est pas facile dans une compétition comme celle-ci, les deux équipes voulaient vraiment gagner. »

Price a été sensationnel. Il a gardé son équipe dans le match, même lorsque Marian Hossa l'a approché de près. Voulant rediriger un tir, le Slovaque a joué à saute-mouton par-dessus lui. Price en a perdu son casque. « Carey! Carey! Carey! », pouvait-on entendre dans le Centre Air Canada, plein aux trois quarts.

Une fois la victoire assurée et la fête terminée, ce sont les camps d'entraînement qui attendent les joueurs, du moins ceux de la LNH.

Avant le match, le groupe Walk Off the Earth, de Burlington, a offert une version folk de l'Ô Canada qui n'a pas fait l'unanimité. Ce groupe canadien a beaucoup fait réagir sur les réseaux sociaux.

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