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Le Canada tente aussi de confirmer l'essai nucléaire nord-coréen

Une équipe du Centre météorologique canadien de Dorval, en banlieue de Montréal, participe à une importante mission internationale afin de confirmer le sixième essai nucléaire de la Corée du Nord.

Quand la terre a tremblé dans la péninsule coréenne, samedi, des scientifiques du monde entier ont eu la puce à l’oreille. Mais encore fallait-il qu’ils puissent corroborer la revendication d’un nouvel essai nucléaire par le régime de Kim Jong-un.

Le tremblement de terre de magnitude 6,3 a permis, dans un premier temps, de déterminer l’emplacement de l’explosion, près du principal site d’essais atomiques nord-coréens, Punggye-ri.

Pour procéder à ce test, la Corée du Nord a creusé un trou dans une montagne et y a placé la bombe. Le tunnel a par la suite été bouché, puis l’explosion déclenchée.

« Ça fait un gros tremblement de terre, détecté partout sur la planète », explique le chef de la Section de la réponse aux urgences environnementales du Centre météorologique canadien, Yves Pelletier. Le tremblement de terre, « c’est ce qui permet de localiser l’endroit très précis de l’explosion. »

Le processus d’enquête international, auquel participe le Canada, est par la suite enclenché, ajoute Yves Pelletier, puisqu’il faut déterminer s’il s’agit ou non d’un essai nucléaire.

L’explosion, dont la puissance est estimée entre 50 et 100 kilotonnes, a été suffisante, selon lui, pour générer des fissures dans la montagne d’où se seraient échappés des gaz radioactifs. Ce scénario a d’ailleurs été privilégié dans l’espoir de détecter rapidement des traces dans l’atmosphère.

L’équipe canadienne comprend notamment des géologues de Ressources naturelles Canada, des experts en radioactivité de Santé Canada et les météorologues et physiciens du Centre météorologique canadien.

En attente d'une confirmation

Jusqu’à maintenant, ni les chercheurs canadiens ni leurs homologues à l’étranger n’ont détecté de radioactivité dans l’atmosphère.

« On ne sait donc pas encore si c’est arrivé, mais on doit faire la simulation pour voir à quel endroit on doit s’attendre à faire nos premières détections », explique-t-il, comparant l’exercice à un casse-tête.

Le but de procéder à un essai au fond d’une montagne est justement « d’éviter des émanations pour que les autres pays ne sachent pas ce qui s’est passé ».

Il est donc possible, selon Yves Pelletier, que rien ne se soit encore échappé de la cavité de la montagne. « Le roc pourrait avoir été suffisamment solide pour ne pas se fissurer sur le coup », ajoute-t-il, expliquant qu’il faudrait donc attendre plus longtemps avant de constater les premières émanations.

Mais si un essai nucléaire a bel et bien eu lieu, il y aura des traces un jour où l’autre, puisque des scientifiques nord-coréens finiront par se rendre au fond de la cavité pour constater les dégâts, selon lui. « Ouvrir la cavité pourrait faire sortir un peu de gaz », note Yves Pelletier.

Plusieurs pays, comme les États-Unis, le Japon et l’Europe, travaillent sur des scénarios similaires.

« On essaie de déterminer parmi le réseau mondial qui pourraient être les premiers à détecter quelque chose. » Selon Yves Pelletier, cette confirmation pourrait venir dans les prochains jours, sinon les prochaines semaines.

Pour le chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Benoit Hardy-Chartrand, la nature réelle de ce test importe peu. Il note plutôt les importants progrès des Nord-Coréens.

Ce sixième test de la Corée du Nord serait en effet cinq fois plus puissant que celui de septembre 2016.

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