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Le Canada, terre de prédilection pour les étudiants étrangers

Certaines grandes universités du pays entament la nouvelle année scolaire avec, en leur sein, un nombre record d'étudiants étrangers.

Cette augmentation du nombre de candidats en provenance d'autres pays a débuté il y a plusieurs années, puis a pris une nouvelle ampleur après la présidentielle américaine de 2016.

Pour le gouvernement canadien, le défi consiste à maintenir cette tendance malgré l'influence d'autres pays, et à encourager la crème de ces étudiants à demeurer ici en tant que résidents permanents.

À l'Université de Toronto, la plus attirante du pays pour les étudiants internationaux, on a accueilli 17 452 de ces gens venus d'ailleurs dans des programmes de premier cycle et des cycles supérieurs l'an dernier, soit environ 20 % de la population étudiante totale.

Il y a 10 ans, cette proportion était approximativement moitié moins importante, avec 7380 étudiants étrangers inscrits.

Cette augmentation constante a crû à un rythme encore plus marqué depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump chez nos voisins du Sud.

« Il y a clairement des facteurs liés à la situation à l'international, comme les craintes à propos de la stabilité, le Brexit, l'environnement politique américain, qui ont modifié ou accru l'intérêt des étudiants étrangers à sortir de leur terre natale et à regarder ailleurs qu'aux États-Unis », mentionne Richard Levin, directeur général des services d'inscription et du registraire de l'Université.

L'effet Trump?

Selon des données fournies par Universités Canada, les établissements universitaires ont connu une forte augmentation des demandes d'inscription et du trafic web en provenance des États-Unis. Depuis l'élection de 2016, certaines maisons d'enseignement font état d'un bond d'au moins 20 % du nombre de demandes reçues.

À l'Université de Toronto, l'objectif est de maintenir la proportion d'étudiants étrangers au-delà de 20 % au cours des prochaines années, mentionne M. Levin, mais aussi d'accroître la diversité des origines de ces étudiants.

Selon lui, il existe peu de craintes en ce qui a trait aux potentiels chocs culturels qui pourraient survenir chez une population toujours plus diverse.

Du côté du Bureau canadien de l'éducation internationale (BCEI), on note que la Chine, l'Inde, la Corée du Sud, la France, les États-Unis, l'Arabie saoudite, le Nigeria, le Japon et le Brésil font partie des principaux pays d'origine des étudiants. Des universités font également état d'une augmentation des demandes d'admission en provenance de la Turquie.

Cette tendance à la hausse des inscriptions des étudiants étrangers est aussi signalée dans d'autres universités, y compris à l'Université d'Ottawa, où le nombre d'étudiants étrangers a pratiquement triplé en 10 ans, passant de 1959 à 5583.

Le BCEI note que cette tendance est même constatée dans des écoles primaires et secondaires.

Dans l'Ouest, l'Université de la Colombie-Britannique, qui possède le deuxième plus grand nombre d'étudiants étrangers au pays et le troisième plus grand nombre en Amérique du Nord (l'Université de New York se classe première), rapporte que son total d'étudiants étrangers est passé de 9144 en 2012 à 14 433 l'an dernier.

En tout et pour tout, ces étudiants sont originaires de plus de 150 pays.

Selon Pam Ratner, vice-rectrice au recrutement et aux installations scolaires, il existe peu de données sur le nombre d'étudiants diplômés qui décident de s'installer pour de bon au pays. Mais pendant qu'ils se trouvent au Canada, ces étudiants étrangers enrichissent l'environnement d'enseignement multiculturel, et parmi ceux qui restent au pays, ils sont nombreux à se lancer en affaires et à créer de l'emploi, rapporte-t-elle.

Le ministre de l'Immigration, Ahmed Hussen, travaille d'ailleurs à promouvoir les programmes canadiens destinés à attirer des immigrants qualifiés et à convaincre les étudiants étrangers de s'installer ici après leurs études.

Cet été, il s'est rendu en Europe ainsi que dans plusieurs pays africains, dont le Ghana, le Sénégal et l'Afrique du Sud, pour y discuter avec des étudiants et des responsables afin de détailler le système d'acceptation rapide qui accélère le traitement des demandes des étudiants ainsi que d'autres programmes qui aident ceux-ci à s'installer de façon permanente au Canada.

« Nous reconnaissons que les étudiants étrangers sont souvent des candidats idéaux pour la résidence permanente, en raison de leurs habiletés langagières et de leur expérience du système scolaire et du marché du travail canadiens », a mentionné un porte-parole du ministre.

Les étudiants peuvent maintenant travailler à temps partiel durant leurs études, et ce, sans avoir besoin d'un permis de travail séparé. De plus, la plupart des étudiants internationaux peuvent déposer une demande pour obtenir un permis de travail leur permettant de demeurer au Canada pendant trois ans après l'obtention de leur diplôme.

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