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Le Canadien, ce train qui n'arrive presque jamais à l'heure

Le train de VIA Rail, le Canadien, parcourt 4313 km entre Toronto et Vancouver, mais peine régulièrement à respecter son horaire aux dépens des passagers des petites communautés qui jalonnent la ligne de chemin de fer.

Un texte de Benjamin Aubé

Selon une analyse publiée par le Réseau ferroviaire du Nord et de l’est de l’Ontario (NEORN), et corroborée par des données de VIA Rail, le Canadien n'est arrivé à l'heure à Toronto qu'une seule fois au cours des quatre derniers mois.

À au moins huit reprises, le train a affiché plus de dix heures de retard. Des données inacceptables, selon le porte-parole du NEORN, Éric Boutilier.

« Le train le Canadien est vraiment le seul moyen de transport public pour plusieurs petites communautés dans le Nord de l’Ontario comme Foleyet, Hornepayne, Nakina, Armstrong. Ce sont des petites communautés isolées loin des [services offerts dans les] grands centres », souligne-t-il.

Une entente peu respectée?

Le président de Transports Action Ontario (TAO), Robert Wrightman, explique que le Canadien National a conclu un accord pour gérer efficacement les trains de passagers de VIA Rail sur ses voies.

« Le CN néglige de façon flagrante cette entente et force les passagers canadiens à chercher d’autres options pour donner la priorité à ses trains de marchandises », souligne M. Wrightman.

Ce dernier ajoute que VIA Rail doit payer « des coûts astronomiques » lorsque le train est en retard pour défrayer le logement et la nourriture des voyageurs, certains ayant payé jusqu’à 9000 $ pour un forfait de plusieurs nuits dans le Canadien.

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, le porte-parole du CN, Patrick Waldron, indique que la compagnie ferroviaire « s'efforce continuellement d'offrir un service de qualité à tous ses clients, incluant VIA Rail ».

Ajouter des voies

M. Boutilier croit qu’il manque des voies de contournement le long du trajet « pour assurer que lorsqu’un train de marchandises passe, le Canadien puisse respecter son horaire ».

Il ajoute que le gouvernement provincial devrait s’en mêler.

Un manque de fiabilité

Éric Boutilier souligne que les gens commencent à se fier de moins en moins à ce moyen de transport.

« On voit une diminution du nombre de voyageurs sur le Canadien. En 2008, on avait 122 000 voyageurs à travers de pays de Toronto à Vancouver. En 2015, on voit que le nombre a baissé à 89 000 », dit-il.

Mika Kropacek, un résident du Grand Sudbury, se rend à Toronto environ une fois par mois, mais toujours en voiture.

Il dit qu’il aimerait avoir l’option de prendre le train pour parcourir de longues distances, comme il a l’occasion de le faire lorsqu’il rend visite à sa famille en Europe.

Une autre résidente du Grand Sudbury, Eileen Cameron, prenait souvent le train dans sa jeunesse à Kenora, dans le nord-ouest de l'Ontario, mais elle dit que les choses ont changé.

« Je ne pense même plus à prendre le train puisque tellement de services ont été annulés, dit-elle. Si je pouvais prendre le train vers Toronto et revenir la journée d’après, ce serait excellent, mais ce n’est pas la réalité présentement. »

Avec les informations de Mathieu Grégoire

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