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Le Cégep de Saint-Jérôme prend les commotions cérébrales au sérieux

Au Cégep de Saint-Jérôme, les commotions cérébrales sont surveillées de près. On veut s'assurer que les jeunes ne reviennent pas au jeu tant qu'ils ne sont pas complètement guéris. Québec édicte déjà des normes, mais le cégep a poussé la démarche plus loin avec un guide de gestion des commotions cérébrales et un protocole détaillé de retour au jeu.

Un texte Michel Marsolais

Victoria Sanscartier a vu sa saison de basketball se terminer abruptement après un coup de coude au visage dans un match important. Résultat : une commotion cérébrale.

« C’est frustrant, car c’est un match qu’on allait gagner. Sur le coup je n'y croyais pas! Tout simplement j'avais une lèvre fendue. Mais l'équipe d'encadrement m'a dit tu ne rembarques pas sur le jeu, puis demain tu ne vas pas à l'école puis tu t'en vas passer un test pour les commotions cérébrales. Ils ont bien fait », de dire la jeune étudiante de 18 ans.

Victoria joue dans l'équipe du Cégep de Saint-Jérôme qui prend les commotions cérébrales au sérieux. Le cégep applique un protocole très strict de retour au jeu.

Les étudiants qui font partie des différentes équipes sont évalués en début d’année. En cas d'accident, le suivi est assuré par une clinique externe. On évite ainsi les pressions des entraîneurs ou des joueurs eux-mêmes qui minimisent souvent le risque pour retourner vite sur le terrain.

« Le joueur est automatiquement retiré du jeu. On lui demande de communiquer avec la clinique pour avoir une évaluation faite en lien avec ses tests de base. Et c'est-là qu'on détermine s'il y a commotion. À partir de là, il y a un encadrement de l'étudiant tout au long du protocole. Tant que le thérapeute n'a pas dit qu'il peut y avoir un retour au jeu, il n'y a pas de retour au jeu », explique Richard Campeau, coordonnateur du Service d'animation sportive.

« Ça nous prend un coup direct à la tête ou au corps suivi d'un des 22-23 symptômes reconnus dans la liste pour la commotion cérébrale. Donc ça va du mal de tête, de la pression à la tête, de la perte de coordination, etc. On va vraiment vers la sécurité de l'athlète. Le protocole est assez ferme. Après une évolution facile et favorable en 14 jours, on est capable de retourner l'athlète au jeu. Avant ça c'est impossible », dit Mathieu Poirier, de la clinique Action Sport physio, qui supervise les cas de blessés.

Le cégep assume les frais de la clinique pour l'étudiant blessé et organise un rattrapage pour les cours qui seront inévitablement manqués. Un guide pratique des commotions a même été publié à l'intention du personnel.

Des pratiques qui rassurent les étudiants comme les parents.

« C'est rassurant aussi pour les parents qui s'inquiètent que leur fils joue au football. Au moins ils savent qu'on est bien entouré », dit Alexandre Prévost, membre de l’équipe de football.

Le coordonnateur du Service d'animation sportive, Richard Campeau, espère que ces pratiques seront mises en vigueur dans les autres écoles du Québec et du Canada.

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